Levée de corps.


I – Introduction :

La découverte d’un cadavre humain représente un événement judiciaire très important qui déclenche toujours l’action du parquet, celui-ci considère le corps du défunt comme une pièce à conviction dont il confie l’examen et l’étude à un médecin.

II- Définition :

La levée du corps représente le premier contact médecin- cadavre : c’est une mission médico-légale  fréquente et importante qui peut être confiée à tout médecin praticien autorisé à exercer sur le territoire national et qui se fait sous réquisition émanant  l’autorité administrative ou judiciaire.

III- Intérêts médico- légales : elle a pour but :

  • -de constatés le décès
  • -identifier le cadavre.
  • -déterminer la forme médico-légale de la mort
  • -l’examen des lieux.
  • -la recherche d’indices tâche où trace suspecte.
  • -permettre et orienter les prélèvements.

VI- différente étapes de l’opération : une levée de corps bien conduite se déroule en trois étapes :

A – examen des lieux et des choses : c’est la mission effectuée par les  officiers de la police judiciaire assistée le plus souvent de techniciens de l’identité  judiciaire, elle a pour but :

ü  -fixer l’état des lieux : par les photographies et un plan détaillé.

ü  -de rechercher et de relever tous les indices des tâches ou les traces pouvant éventuellement expliqué  la nature décès, elle est d’un intérêt capital car la récolte des preuves matérielles objectivera souvent la relation qui les rapporte à l’homme ou a l’objet qui les a produites.

ü  -les preuves matérielles réalisables  se composent des éléments suivants :

  • *désordre des meubles et des objets
  • *des pièces à conviction : cela peut être des armes ou des instruments durs, des outils d’effraction, des récipients, des flacons, des verres  suspects ,des substances suspectes
  • *les traces révélatrices et taches : empreintes digitales, dents, des traces d’effraction de véhicules
  • *les tâches retiendront d’avantage l’attention du médecin car elles sont le plus souvent d’origine organique : de sperme d’urine de vomissements, matières fécales, tache obstétricales.
  • *le rôle du médecin qui assiste à la levée du corps n’est pas dans l’identification mais de suspecter leur présence sur le sol , le plancher les murs, de vêtements et les signalés aux magistrats instructeurs qui ordonnera leurs prélèvements.

B- examen de vêtements : ils fournissent deux catégories de renseignements :

1- des éléments hors de judiciaires : après une énumération détaillée et une description méthodique portera sur :

  • -leur aspect : rechercher les désordres des déchirures et tous les indices pouvant indiquer une lutte
  • -tache où trace : noter le siège, la distribution, la forme, dimension et la direction la détermination de la correspondance d’orifices sur les différentes épaisseurs de vêtements et sur le corps lui même peut apporter des précisions sur les circonstances d’une mort par arme à feu ou blanche.

2- les indices relatifs à l’identité : des vêtements par leurs marques de fabrique leurs particularités et le contenu des poches peuvent aider à identifier un cadavre et parfois expliquer la mort (exemple lettre de suicide).

C- examen externe du cadavre :

1-position du cadavre : le photographe fixe la position d’ensemble du corps son attitude tandis qu’un plan détaillé des lieux en  précise les coordonnées.

2-Recherche d’identité : consiste à préciser :

  • -la race le sexe, taille et corpulence, couleur de cheveux
  • -caractère chromatique, odontogramme
  • -signes particuliers : tatouage cicatrice et les malformations congénitales
  • -les empreintes digitales relevées par ancrage par les éléments de l’identité judiciaire.

3-recherches de phénomène cadavérique :

L’heure à laquelle est effectuée la levée du corps est un élément très important, a noter que les phénomènes cadavérique  représentent des signes positives de la mort qui permettent également de dater approximativement la mort on recherche :

v   -refroidissement cadavérique : il est progressif pour une température ambiante comprise entre zéro et 15° il y ait de l’ordre de 1° / heure et au bout de 20 heures la température du corps est en parallèle avec celle du milieu ambiant, ils s’effectuent selon une courbe descendante. le visage et les extrémités sont les premiers (au bout de 1-2 h) à refroidir tandis que le périnée, les creux épigastriques  et axillaires le sont en derniers. Il est influencé par :

La saison (été), épaisseur du panicule adipeux. Vêtements, les affections   du système nerveux(exemple hémorragie cérébrale ) et maladies infectieuses provoquent une augmentation de la température en poste mortem et par conséquent retardent  le refroidissements.

v    -des lividités : trois à cinq heures après la mort de sang descend  naturellement dans les parties déclives du corps pour former des tâches en rose violacé dues à la congestion passive des capillaires il faut d’emblée les distingués des ecchymoses  par les crevés qui ne montrent pas de coagulation sanguine intracellulaire sous-jacente. Dans le décubitus dorsal on les trouve au niveau de la nuque, du dos, de lombes, et à la face postérieure des cuisses. Par contre elles n’apparaissent pas au point d’appui du cadavre (des fesses et les omoplates) et aux parties serrées par les vêtements exempte ceinturent d’autre part elle peut présent zébrures blanches en rapport avec le relief du plan  sur lequel repose le corps.

  • -chez le pendu se situe au membre intérieur et sont très intenses aux pieds et aux mains.
  • -elles apparaissent entre la troisième et la cinquième heure après la mort et atteignit leur maximum d’intensité entre la 12e et la 14e heure, pendant la première période de siège est modifié si une nouvelle position est donnée au cadavre.
  • -après la 30e heure et les lividités  sont immobiles, stables définitives c’est-à-dire qu’elles ne changent pas.

L’intérêt médico-légal :

  • -ce sont des tâches de position qui permette de constater s’il y a un changement de la position du cadavre.
  • -leur coloration peut orienter vers une étiologie :

*rouge sombre             asphyxie mécanique

*rouge carmin                asphyxie  au CO

*bleus ardoisés              methoglobine

*pale                           hémorragie

*chocolat                     chlorate de potassium

v   Les rigidités : l’acidification des membres combinés à leurs déshydratations la fait disparaître.  Elle apparaît entre la 2 e et la 6e heure devient maximale vers la 13e heure se maintient pendant 2 à 3 jours avant de disparaître tandis que le progresse la putréfaction. Elle peut être écourtée ou affaiblie par des grandes hémorragies ou la chaleur intense.

L’intérêt médico-légal :

  • -elle se reconstitue précocement après rupture pendant la première heure. après la 13e heure une rigidité rompue ne se reconstitue plus.
  • -elle peut rendre compte du dernier acte de vie.

La déshydratation : elle explique la perte du poids du corps après le décès pour une température ambiante de 18 ° et un taux d’humidité de 50 % ,elle est de l’ordre de 10g /kg/ j , elle est  responsables de :

  • -en partie de phénomène cadavérique oculaire : tâches désireuses de la cornée, tache noir sclérotique en rendant transparents la sclérotique, l’affaissement du globe oculaire.
  • -le parcheminement de la peau par  dessiccation  du derme, lorsque l’épiderme a été arraché. Cas particulier chez le noyé il se produit une inhibition.

v La tâche verte abdominale : elle apparaît vers 48 heures en été et le huitième jour en hiver. Au niveau de la région coecale (FID), cette tâche de putréfaction  cadavérique est le signe le plus certains de mort. Les germes saprophytes du tube digestif qui vivent en aérobie traversent la muqueuse intestinale après la mort, dégradent les matières abdominales et dégagent les putrides (CH4-H2S), ce dernier qui donne une odeur de pourri.

4-recherches et analyses des traces de violence :

Par un examen minutieux de la face antérieure puis de la face postérieure du cadavre et enfin dans les régions médico-légales (cuir chevelu, orifices naturels, angles  interne des yeux organes génitaux et aisselles, sous les seins).

Il faudra rechercher et faire une description complète et détaillée de toutes les blessures retrouvées : érosion, ecchymoses, contusion, variée plaies, fractures en précisant leur siège, forme, dimension, direction et leur caractère morphologique.

5- examens des tâches et de souillures :

  • -on informe les autorités judiciaires de la présence de taches suspectes qui procèdent à leurs prélèvements
  • -en cas de pendaison en août de strangulation au lien en procédera à l’étude des nœuds.

V- nature de la mort :

A –mort naturelle : ou on parle en présence d’un cadavre d’une personne âgée,  cachectique paraissant avoir souffert d’une maladie.

L’interrogatoire de la famille Peut confirmer cette hypothèse en apportant de précieuses renseignements sur les circonstances du décès. Et les antécédents du défunt. De même qu’un examen minutieux du cadavre ne révèle rien de suspect, quand par exemple l’absence de toute trace de violence ou au contraire objectif des signes de maladie exemple gangrène, et escarre , OMI……………………

B- mort suspecte : son fondement  est égale au doute

Exemple : la mort brutale d’un sujet jeun en bonne santé apparente est toujours suspecte (mort subite-empoisonnement).

La mort d’une jeune femme avec état de grossesse est douteuse (tentative d’avortement).

Un cadavre présentant une coloration anormale à la peau ou des lividités (exemple coloration rouge carmin                 Intoxication CO).

C –mort violente : on parle de mort violente devant tout cadavre portant des traces de violence :

  • -un corps pendu
  • -la présence d’une corde ou d’un sillon au niveau du cou
  • -la présence d’un orifice de projection d’armes à feu
  • -une plaie profonde par arme blanche
  • -un fracas osseux crânien
  • -la découverte d’un cadavre mutilé

La mort violente peut être de nature accidentelle suicidaire ou criminelle et seuls les éléments de l’enquête de la police ou de la gendarmerie et les constatations de l’autopsie judiciaire peut en déterminer la nature.

VI – rédaction d’un certificat de constat du décès :

  • -le certificat de constat de décès est la finalité de toute levée de corps par lequel on répond à la mission, le certificat permettra de lancer une enquête ou bien légitimera l’ouverture d’une information judiciaire.
  • -les conclusions seront catégoriques affirmatives ou négatives lorsqu’il sera évident mais en absence de certitude la prudence conseille de ne porter aucune conclusion ferme de ne formuler aucune hypothèse et de demander le secours de l’autopsie pour lever l’incertitude.

Exemple de certificat de constat de décès :

1- mort naturel : je soussigné Dr………… certifie avoir examiné le nommé x et déclare que la mort est réelle constante est naturelle (préciser heure, jour, lieu du décès). Et préciser s’il y a une cause contagieuse du décès.

2- Mort par suicide ou homicide volontaire ou suspecte :

ü  -même que le précédent sauf qu’il faut substituer la mention naturelle par d’origine inconnue ou mort suspecte ou mort posant un problème médico-légal. Ceci va déclencher une procédure judiciaire pour trancher avec pratique de l’autopsie en général.

ü  -en cas de mort par accident, suicide, il faut préciser la mention mort violente.

ü  en cas de mort au cours d’une consultation ou d’un acte médical en particulier au cabinet médical il faut prévenir la police, signée le certificat en précisant mort violente

ü  un certificat spécial pour les décès néonataux (jusqu’à 27 jours de vie) et elle en mort subite du nourrisson (après 28 jours) en précise mort violente malgré le contexte douloureux.

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