LA DETERMINATION DE L’ORIGINE VITALE DES LESIONS


Dr. ADDOU  .A.H

Service de Médecine Légale

Centre Hospitalo Universitaire SBA.

2010.

I)-Introduction :

Une blessure représente une trace organique   actuelle d’un fait traumatique passé qu’il s’agit de reconstituer.

La découverte d’une plaie sur un cadavre ne présente d’intérêt que si elle est d’origine vitale.

II)-Intérêt médico-légal de la question :

*L’agresseur  a-t-il commis une violence sur un être humain vivant ou mort ?

*Un cadavre avec plusieurs blessures….

Est ce que ces blessures sont ante mortem ?  dans ce cas ; est ce qu’elles sont la cause de la mort ? Ou ce sont des blessures post mortem ?

* Les blessures observées peuvent elles  être dues à une autre cause que les violences exercées ?

III) -Détermination de l’origine vitale des lésions :

A)Macroscopiquement :

1- signe généraux :

a)-L’hémorragie: c’est un écoulement  de sang hors les conduits et les cavités qui le contiennent  à l’état normal.

L’incision au cours de l’autopsie
Plaie vitale

 

b)-La coagulation : La coagulation est le fait des lésions vitales c’est-à-dire la coagulation est un phénomène vital.

Principe

Sang liquide         Sang gel semi fluide

Par

1* Formation de la prothrombine (Facteur X)

2* Formation de la thrombine

3* Transformation du fibrinogène (protéine soluble) en fibrine (protéine insoluble ) par la thrombine.

c)-Rétraction des tissus divisés :

c’est l’écartement et le bâillement (échancrure  ; ouverture) des lèvres des plaies vitales sous l’effet de la  propriété élastique et rétractile des tissus surtout la peau. Il faut noter que cette rétraction est inégale .

sections égales ; plats et uniformes
Rétraction des tissus

L’aspect irrégulier des plaies vitales contraste avec les sections égales ; plats et uniformes des plais post mortem (par exemple lors du dépeçage).

*2* signes spéciaux :

en rapport avec le mécanisme et le siège du traumatisme :

-Le sang alvéolaire (aéré) avec embolie gazeuse en cas d’une plaie des voies aériennes (égorgement).

-Embolie graisseuse pulmonaire en cas de fracture (fémur ).

-Otorragie dans les fractures de la base du  crâne.

B) Microscopiquement : on peut affirmer l’origine vitale ou non d’une lésion par l’étude histologique qui montre :

1-La leucocytose traumatique (la   diapédèse leucocytaire)

L’inflammation : comment?

l’inflammation aigue se fait en trois phases :

Øphase vasculo-sanguine (vasculo-exsudative) .
Øphase productive : avec le phénomène de la phagocytose.
Øphase de réparation : c’est la phase de la cicatrisation.
1. l’augmentation du débit sanguin dans le tissu agressé suite à une vasodilatation (sérotonine et prostaglandine)
2. l’apparition d’un œdème inflammatoire exsudatif qui est riche en protéine suite à l’augmentation de la perméabilité capillaire
3. un passage actif des leucocytes à travers les parois vasculaires au niveau de la lésion, c’est un phénomène vital

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2-Modification de la trame conjonctivo-élastique : l’un des caractères des lésions vitales :

signe de fibre élastique :

*Dans les plaies vitales  ;on a destruction du tissu élastique en masse difformées tendues ou tassées .

*Dans les plaies post-mortem ; on n’observe que de rares ruptures en périphérie de la lésion.

signe de fibre conjonctive : c’est la perte de l’ organisation tinctoriale des fibres conjonctives lors d’un traumatisme ; c’est un état précurseur de la nécrose ; on l’appelle : la metachromasie.

signe de fibre élastique

C) Techniques de datation des blessures :

1-Intérêt médicolégal : C’est par la mise en évidence de phénomènes vitaux (l’inflammation) qu’il est possible d’affirmer qu’une blessure est survenue avant le décès.

2-moyens:

Ces techniques consistent à pratiquer  un  examen histologique (la diapédèse leucocytaire)  ;  biochimique (sérotonine et histamine : vasodilatateurs) ; et enzymologique sur des prélèvements multiples intéressant la zone lésée et la zone saine adjacente.

Tableau représentant les moyens de datation des blessures cutanées :


 

 

3-Distinction ante mortem – post mortem :

a)- éléments en faveur d’un caractère vital :

§Morphologiques : présence d’une réaction hémorragique et/ou inflammatoire
§Biochimie : augmentation histamine, cathepsine D…

b)- éléments d’incertitude :

§Possibilité d’ ecchymose post mortem (la mort est un phénomène progressif).
§Phénomènes Putréfactifs.
§Pour les moyens biologiques ;

*Des faux positifs sont fréquents sur les berges des solutions de continuité (fibronéctine et les enzymes).

*Ainsi que des faux négatifs causés par l’autolyse.

§Incertitude péri mortem par phénomène de supra vitalité :c’est la survie initiale après une agression potentiellement mortelle qui est fonctionnelle

Cette survie initiale représente la frontière floue située entre la vie et la mort : c’est la supra vitalité.

IV)-Conclusion:

La détermination de l’origine ante ou post mortem d’une lésion est une question fondamentale en médecine légale.

Il faut insister sur le rôle majeur des examens biologiques ; surtout là où les données macroscopiques ne sont pas suffisamment parlantes.

BIBLIOGRAPHIE

* M.DURIGON – « Pratique médico-légale » (MASSON.1999)

* M.DURIGON – « Pathologie médico-légale » (MASSON.1988)

* VERNON J.GEBERTH – « Pratical homicide investigation » (TAYLOR & FRANCIS 2006)

* Dr Myriam Decaussin-Petrucci – «L’inflammation aigüe et virale »(PDF -2007).

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