LES LESIONS ANTE ET POST MORTEM


CHU, EHU D’ORAN

INTRODUCTION

Le problème de déterminer l’origine anté ou post mortem d’une blessure est aussi ancien que la médecine légale

Cette détermination est fondamentale en matière répressive, toute blessure anté ou post mortem est punie par la loi

Les blessures post mortem peuvent être :

Soit des blessures occasionnées volontairement après la mort par des criminels

Soit des blessures dues à l’environnement (animaux, actions mécaniques)

II) INTERET MEDICO-LEGAL:

Il est essentiellement judiciaire et pénal

-violences sur un vivant→ crime à assassinat

-violence sur un cadavre→ violation de sépulture

La découverte d’une blessure sur un cadavre présente un intérêt majeur si elle a été produite pendant la vie; le problème se pose en effet dans des circonstances:

* cadavre repêché porteur de lésions diverses dont on suspecte l’origine vitale

* cadavre mutilé sur une voie ferrée

III) ETUDE MEDICO-LEGALE:

A) éléments macroscopiques en faveur de l’origine vitale :

1) signes généraux :

Ces signes généraux présentent trois caractères classiques:

a) hémorragie externe:

C’est un épanchement de sang hors des conduits et cavités qui le contiennent à l’état normal, l’hémorragie externe est un signe constant des plaies vitales

A l’opposé, après la mort cette hémorragie fait défaut, on pourrait cependant l’observer un très court moment après le décès, et même plus tard dans les zones hypostasiées surtout chez le noyer et l’asphyxié

b) coagulation sanguine:

C’est un signe d’importance capitale

La coagulation est un phénomène vital, le sang épanché va se coaguler, formant dans les plaies un feutrage fibrino-sanguin qui ne disparaît pas au lavage lors de l’autopsie

c) rétraction des tissus:

L’écartement et le bâillement des lèvres de la plaie vitale sont en rapport avec la rétractilité des tissus

Cette rétractilité est inégale elle dépend de l’agent vulnérant et du siége de la plaie

– elle est minime au cuir chevelu et le dos.

– pratiquement absent si l’instrument est piquant

– maximale si la plaie est perpendiculaire aux fibres de la peau.

Selon BROUARDEL, un certain écartement des lèvres des plaies se produit au moment de l’apparition des rigidités cadavériques.

2) signes spéciaux:

Ils tiennent des circonstances particulières du décès:

a) présence du sang dans les alvéoles pulmonaires:

Dans les plaies ouverte des voies aériennes (cas d’égorgement)

b) présence du sang dans l’estomac:

Résultant des mouvements vitaux de déglutition.

c) constatation d’embolies gazeuses:

Dans les plaies des grand vaisseaux du cou.

B) élément histologique :

1) le test de la leucocytose traumatique:

Due à l’afflux des leucocytes dans les tissus cellulaires sous cutané entourant la blessure

Dans un foyer ouvert on retrouve :

-une activité granulocytaire

-marginalisation vasculaire des polynucléaires

Dans un foyer fermé:

La leucocytose est tardive 2-3 jours après.

2) modification de la trame conjonctivo- élastique:

– signe de la fibre élastique:

Dans les plaies vitales, les fibres élastiques colorées par la méthode de WEIGERT apparaît en noir ou bleu foncé, brisées et mélangées aux globules rouges, elles sont rompues et détachées.

Dans les plaies post-mortem, on observe que de rares ruptures en périphérique de l’hémostase, si la plaie a été faite immédiatement après la mort.

Il n’y pas de ruptures de la trame élastique dans les lésions faite peu de temps après le décès.

-signe de la fibre conjonctive:

Il y’a perte des propriétés tinctoriales normales des fibres conjonctives qui apparaissent lors des traumatisme colorées sous forme de filets violet assez gros

C’est la métachromasie qui traduit la modification de l’état physique de la substance fondamentale du tissu conjonctif.

C) élément histochimique:

Dans les lésions vitales il existe une modification de l’activité enzymatique des tissus traumatisés:

Les modifications varient selon enzyme considérée; elle consiste soit en une diminution de l’activité, comme dans la zone  » centrale » de la plaie vouée à la nécrose, soit en une augmentation d’activité dans la zone « périphérique » où prédominent les mécanismes de défense du tissu conjonctif

* estérase non spécifique augmente entre une 1/2 heures à 1 heure après le traumatisme et pour se poursuivre 24 heures

* l’activité phosphatasique augmente entre une 1/2 heurs à 1 heure

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