PASSAGE A L’ACTE


PASSAGE A L’ACTE

I/ HISTORIQUE:

C’est DE GREEF qui a déterminé le passage à l’acte comme le point central de la criminologie clinique.

Ch. Andersen a écrit « l’acte délictueux est une manifestation sociale, le sujet transforme certaines défenses, il s’affirme en dehors de la collectivité ou contre

Celle-ci ou bien affirme t-il son indifférence vis-à-vis de celle-ci.

C’est un acte par lequel le sujet accepte indirectement que la collectivité prenne des droits sur lui.

II/ PSYCHOLOGIE DE L’ACTE VOLONTAIRE :

  1. La psychologie générale :

Distingue 04 phases dans l’acte volontaire :

  • La conception des motifs et des mobiles.
  • Leur examen.
  • La décision.
  • L’exécution de l’acte.
  1. Bio-psychologie :

Considère la volonté comme une structure du comportement.

Elle consiste à l’exécution d’actes délibérés complexes et adaptés.

L’acte volontaire s’accompagne d’un sentiment d’effort intérieur, d’un consentement mental que l’on appelle commande ou encore incitation volontaire.

  1. La psychanalyse :

Elle a mis l’accent sur les motivations inconscientes.

« L’acte – selon Logache – prend le sens d’une projection de la personnalité totale et les raisons qu’en donne l’agent, celui de la rationalisation de motivations inconscientes ».

A l’inverse, l’acte automatique échappant au contrôle de la conscience, du jugement et de la volonté peut avoir un sens en lui-même, par exemple celui d’une agression ou d’une fugue.

  1. La psychologie clinique :

Elle a mis en lumière avec DE GREEFF, les mécanismes de la vie instinctive dominés par le conflit entre les instincts de défense et les instincts de sympathie.

  1. La psychologie sociale :

Elle a monté que les motivations sont influencées par la structure et le conditionnement culturel notamment en matière d’infanticide et de suicide.

III/ ETUDE DU PASSAGE A L’ACTE RELATIVEMENT A LA PERSONALITE :

Le principe fondamental de l’approche de la personnalité criminelle à travers le passage à l’acte est qu’il faut partir de ces conditions pour discerner les composantes psychologiques qui les sous-tendent.

Les conditions de passage à l’acte sont au nombre de quatre : concernent l’auteur de l’acte criminel.

Il faut que l’auteur ne soit pas retenu par l’opprobre social que son acte suscite ;

Il convient qu’il ne soit pas retenu par les châtiments encourus ;

Il importe qu’il ne soit pas arrêté par les obstacles matériels qui s’opposeront à la réalisation de son acte ;

Il est nécessaire qu’au moment de l’exécution il ne soit pas retenu par l’horreur du mal qu’il va causer à sa victime.

A partir de ceci, il est possible de définir la composante spécifique de la personnalité du criminel.

– En effet, si le délinquant s’affranchit de l’approbation sociale, c’est que son égocentrisme favorise son autolégitimation subjective.

– De même si le délinquant surmonte la crainte des châtiments encourus, c’est en raison de sa labilité.

– Egalement, s’il triomphe de tous les obstacles qui barrent sa route, c’est par suite de son dynamisme agressif.

– Enfin, s’il est capable de réaliser son acte, en dépit de l’odieux de l’exécution, c’est qu’il ne présente pas de résistance inférieure d’ordre affectif, c’est qu’il fait preuve d’indifférence affective.

Conclusion : selon DE GREEFF, nous sommes tous des délinquants virtuels et seul le passage à l’acte permet de nous différencier des délinquants ; le crime est la réponse d’une personnalité à une situation.

Le passage à l’acte exige donc en principe qu’une personnalité criminelle Soit placée dans une situation criminogène.

Les freins empêchent le non délinquant de passer à l’acte (sentiment de immoralité de l’acte et de son caractère odieux, la crainte du châtiment et de toutes ses conséquences, les peines, la perte consécutive de l’emploi.

IV/ MECANISME DU PASSAGE A L’ACTE :

  1. Processus d’acte grave :

Comporte plusieurs étapes : acquiescement mitigé, acquiescement formulé, période de crise, exécution.

Dans la phase de l’AM prédomine l’égocentrisme ; dans celle de l’AF c’est la labilité qui joue le premier rôle dans la période de crise, l’agressivité pousse le sujet en avant et que dans la phase d’exécution don indifférence affective laisserait libre cours à son agressivité.

  1. Processus d’acte subit et irréfléchis :

Ce processus est tout entier contenu dans une période de crise dont la brièveté est à l’inverse de l’intensité.

Le dynamisme agressif résume et condense ici le processus criminogène.

  1. Processus de motivation criminelle :

Caractérisé par une longue évolution psychologique, elle est marquée par une crise dramatique et il n’est pas exclu que la prise de conscience de l’état du délinquant ne passe pas par des étapes analogues à celles de l’acte grave.

L’égocentrisme joue dans cette légitimation de la conduite criminelle et favorise le développement du sentiment d’injustice subie que l’on observe chez les récidivistes. Le fait que le délai de rechute est toujours proche de la date de l’exécution de la condamnation antérieure prouve la labilité du récidiviste : il n’est pas retenu par les châtiments encourus.

L’agressivité des récidivistes est adoptée à la réalité criminelle.

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