LES BLESSURES PAR ARME BLANCHE


 

  1. DEFINITIONS

Les blessures :

  • En médecine légale, la blessure représente une trace organique, objective, actuelle, d’un fait judiciaire passé qu’il s’agit d’établir et de reconstituer. Sur cette trace prendront appui une inculpation et une condamnation. « SIMONIN »

  • Elle détermine certes des lésions différentes dont l’élément commun est l’ecchymose.

  • Les blessures comprennent toutes les lésions provoquées par l’action plus au moins violente d’un corps étrangers sur l’organisme « DEROBERT »

Les plaies : la plaie est une solution de continuité externe ou interne occasionnée dans les tissus par violence mécanique brusque

Elles sont le résultat de l’action plus ou moins violente d’un corps étranger contre l’organisme » qui peut être :

  • Un instrument tranchant : « rasoirs, haches »

  • Un instrument piquant : « épée, aiguilles“

  • Un instrument piquant et tranchant : « couteaux, poignards, ciseaux“

  • Un instrument contondant : « poing, manche d’outil, marteau, pare-chocs, sur trottoir“

  1. LES TYPES DE BLESSURES :

    1. Selon l’agent vulnérant

  1. Les blessures par instruments piquants :

  • Caractéristiques

  • Leur percussion punctiforme.

  • La plaie cutanée étroite à bords nets se prolonge par un long trajet difficile à suivre et qu’il est prudent de ne pas sonder pour éviter les fausses routes.

  • La blessure prend généralement la forme d’une fente et non pas celle d’un orifice arrondi. Cet aspect tient à la texture de la peau. (En effet, le derme est formée de fibres parallèles orientées dans des sens différents suivant la région considérée; Une tige pointue agit à la manière d’un coin, elle écarte les fibres et fait apparaître une fente.

  • Une blessure par piqûre sera reconnue par le fait que la fente est orientée dans le sens des fibres de la peau

  • Par contre, les vêtements perforés présentent des trous arrondis irréguliers et déchiquetés, et non pas des fentes.

  • Si le grand axe de la plaie ne coïncide pas avec la direction des fibres de la peau, la blessure est vraisemblablement à imputer à un instrument piquant et coupant.

  • Différents types :

  1. à tige conique ou cylindrique:

  • Petite plaie semblable à celle de l’action d’un stylet aplati et à deux tranchants.

  • Linéaire en forme de fente étroite, peut varier en fonction des lignes de tension de LANGER (étoilée)

  • Bords nets

  1. munis d’arêtes :Aspect différent selon les arêtes : émoussées ou coupantes 

      • Coupantes : la blessure prend la forme de l’instrument.

      • Emoussées :celles-ci n’entaillent pas les bords de la fente déterminée par l’extrémité pointue de l’instrument et l’aspect alors est analogue à celui de l’extrémité à tige conique.

  1. Les blessures par instruments tranchants

  1. Type d’instruments :

    • Tranchant proprement dite :

  • faite d’une lame métallique brillante « blanc » ayant un côté plus au moins coupant « le fil » et un côté opposé non tranchant « le talon ».

  • la lame est fixe dans le manche ou bien mobile « le poumeau »

    • Typiquement tranchante :

  • Comme le couteau, le rasoir, il peut avoir une action contondante si la lame a un fil irrégulier, entraînant en plus de la section, des arrachements.

    • Tranchant et contondante : comme la hache et le sabre

  1. Caractère des blessures :

  • Elles sont plus longues que profondes avec section nette de la peau et des tissus sous jacents se terminant parfois par une « queue de rat »

Les variantes :

  • Aspect dentelé : plus ou moins contus des bords selon la qualité du fil tranchant;

  • Aspect curviligne : lorsque la plaie se situe en regard d’un plan osseux convexe;

  • Aspect en zigzag : ou plusieurs plaies séparées si la section se situe au niveau d’un repli;

  • Aspect en lambeau : lorsque la section est oblique par rapport aux téguments.

  1. Les blessures par instrument piquant et tranchant

        1. Type d’instruments :

Le type d’arme utilisé va du canif à la hache et explique l’extrême variabilité de l’aspect macroscopique et microscopique lors de l’étude d’un prélèvement cutané après autopsie. La description d’une plaie est souvent complexe et comporte l’étude des éléments suivants : bords, berges, extrémités, profondeur et recherche de ponts entre les 2 berges.

La description de la partie tranchante (longueur et largeur de la lame, présence d’un talon, caractéristique de la lame…) évocatrice du type d’arme en cause (cutter, couteau de cuisine …) Il en est de même du mode de préhension de l’arme au moment où le coup a été porté.

          1. Caractère des blessures

  • La Forme :

    • Est dite en « boutonnière » ou en ellipse se terminant à chaque extrémité par un angle aigu ou par un angle aigu et un angle arrondi ou rectangulaire produit par le dos de la lame

    • La forme de la plaie est aussi fonction des lignes Langer, on aura :

  • si l’incidence est perpendiculaire une plaie béante

  • si l’incidence est parallèle une plaie à fente étroite

  • si l’incidence est oblique une plaie asymétrique ou semi-circulaire

  • La Longueur

  • correspond rarement à la largeur de la lame.

  • en général, elle est plus petite, surtout si la lame est à simple tranchant

  • les mesures sont prises sans rapprochement et avec rapprochement des bords

  • La Profondeur

  • Peu indicatrice de la longueur de la lame.

  • Correspond à la partie de la lame enfoncée

  • La Direction Du Coup :

  • Dépend de deux paramètres :

  • Des mouvements de l’agent vulnérant

  • Des mouvements possibles de la victime, rarement statique.

  • La direction du coup est fonction de la forme de la plaie et de son trajet.

  1. Les blessures par instruments perforants irréguliers 

(Piquants et contondants),

C’estL’une des plaies les plus grave de ce type est la plaie à l’aine de corne de bovidé. La corne frappe en général de bas en haut dans le triangle de Scarpa, glisse sur le fémur et déchire la fémorale

    1. Les Blessures Par Instrument contondant

  1. Caractéristiques : agissent soit par leur masse, soit par leur vitesse, cela peut être des :

  • Arme naturelle : les organes de défense et d’attaque de l’homme sont les mains, les poings, les ongles, le coude ……..

  • Armes improvisées : servant également à l’attaque et à la défense (bâton, pierre, marteau, barre de fer ….) : pratiquement, tous les instruments occasionnels se trouvant à portée de la main.

  • Armes préparées : pour attaque ou la défense (coup de poing américain, casse –tète, matraque …).

  1. Les différents types :

    1. Les contusions :

Elles sont produites par des instruments contondants (poing, manche d’outil, marteau, pare-chocs, sur trottoir etc…) qui agissent par leur masse et leur vitesse. Elles sont le résultat du conflit entre un corps mousse dit contondant (la puissance), et le corps humain (la résistance).
Les lésions sont d’autant plus importantes que l’objet est lourd et manié avec force. Elles comprennent :

  1. CONTUSION DU 1ier DEGRE L’ECCHYMOSE :

    1. Définition :

L’ecchymose est une contusion du 1ier degré, il s’agit d’un épanchement de sang extravasé et coagulé qui vient infiltrer les tissus. Elle se présente sous l’aspect de tache de couleur lie de vin ou rouge sombre, plus au moins étendue.

  1. Etude macroscopique :

  1. Aspect macroscopique : l’ecchymose se présente sous l’aspect :

  • d’une tache de couleur foncée, rouge sombre, lie de vin, parfois presque noire, ardoisée.

  • si on incise la peau, le sang est coagulé, au moins partiellement, et le plus souvent totalement.

  • le sang adhère intimement aux tissus lésés et ne laisse pas détacher au lavage.

  • De multiples facteurs amènent à nuancer cette description :

  • L’agent vulnérant : la forme de l’ecchymose sera très variable selon l’objet qui en est responsable.

  • La violence du traumatisme : tous les degrés peuvent s’observer (coup de poing, fracas osseux).

  • Le terrain : pour apprécier l’importance du traumatisme, il faut noter certaines caractéristiques du sujet examiné.

  • Le siège :

  • Ecchymoses superficielles : cutanées, muqueuses, conjonctives

    • cutanées : apparaissent plus rapidement et sont plus intense au niveau d’un plan osseux, qu’à hauteur des parties molles.

      • Conjonctivales : sont rouge vif en arc à concavité péri pupillaire, elles pâlissent progressivement et disparaissent vers le 25 jours.

  • Ecchymoses profondes : font l’objet d’une recherche systématique, tant par des crevées, que par le reste de l’autopsie.

  1. Evolution macroscopique :

    • Chez le vivant : après le stade de gonflement initial, la tache ecchymotique va apparaître, s’il s’agit :

  • D’une ecchymose superficielle ; on assistera à des modifications progressives de coloration.

  • D’une ecchymose profonde ; le sang se déplacera et pourra se montrer sous la forme d’une tache ecchymotique tardive de la peau.

    • La couleur : les divers stades colorés de l’ecchymose correspondent à la dégradation de l’hémoglobine sanguine observée par transparence au travers de la peau.

La détermination de la date repose sur les modifications de coloration, de la périphérie vers le centre, présentées par les ecchymoses au cours de leur régression progressive qui dépend du siège de la lésion, de l’importance te de l’age du sujet.

1er jour : rouge livide ; 2ejour : noire ; 3e jour : violet bleu ; 6-7e jour : verdâtre ; 12e jour : jaunâtre ; 17e jour : va tendre à disparaître ; 25e jour : n’est plus visible.

    • La migration : la migration peut faire apparaître des ecchymoses à distance du traumatisme qui leur a donné naissance.

Le sang en voie de coagulation peut ne pas laisser de trace sur son passage, et viendra s’arrêter parfois de manière paradoxale, au niveau de telle ou telle aponévrose, ou cicatrice, constituant alors un 2e foyer ecchymotique.

Le déplacement du sang dépendra de la gravité et l’organisation tissulaire locale ; et demande un certain temps pour se produire 4-5 jour.

    • Chez le cadavre :

      • La couleur : l’ecchymose garde la teinte qu’elle avait sur le vivant au moment du décès. Cependant en raison de l’autolyse et de la putréfaction, le sang d’abord coagulé va se liquéfier et l’ecchymose s’étendre par simple imbibition tissulaire.

      • La migration : ne se fera pas, et seule les crevés pourront mettre en évidence les épanchements éventuels, car la peau peut sembler intact.

  1. Etude histologique :

  1. Aspect histologique : après fixation, coloration, 2 éléments fondamentaux vont apparaître :

  • une disparition de l’architecture tissulaire, dont il subsiste que les parties les plus résistantes comme les tuniques vasculaires, les tendons les nerfs.

  • le remplacement des structures anatomiques par une nappe de globules rouges (hémorragie), incorporée aux mailles tissulaires (infiltration), et accompagnée par feutrage fibrineux (coagulation).

  1. Evolution histologique :

  • Schématiquement, on distingue 3 temps :

  • & la coagulation du sang.

  • & la désintégration des globules rouges.

  • & la dégradation de l’hémoglobine.

  • Dans l’ecchymose la dégradation de l’hémoglobine amène une véritable hémosidérose locale, le sang désintégré va être figuré au contact des cellules vivantes ; l’éclatement de ces cellules libère le pigment donnant un tatouage, une cicatrice pigmentée.

  • Les tissus sains autour du foyer de contusion vont développer un véritable processus inflammatoire. Dans un foyer traumatique fermé comme c’est le cas les ecchymoses, la réaction leucocytaire est tardive, nette seulement vers le 2e jour, elle s’accompagne de modification du conjonctif local.

  • Le devenir de l’ecchymose chez le vivant dépend essentiellement de la taille du foyer hémorragique.

  1. Diagnostic médico-légal :

  1. Diagnostic positif : repose sur :

  • Une inspection soigneuse du cadavre à la recherche des ecchymoses ne devra omettre ni le cuir chevelu, ni l’intérieur de la cavité buccale. Mais surtout grâce :

    • Aux crevés que sont objectivées les ecchymoses, surtout au niveau des parties saillantes et aux régions de prises.

    • A l’autopsie complète.

    • A certains examens complémentaires : diaphanoscopie.

  1. Diagnostic étiologique :

  • Ecchymoses traumatiques : ce sont des ecchymoses dite en forme, elles sont ;

& accidentelles : quand elles proviennent d’un choc, d’une chute, de contusion, ou de la pression des doigts sur les membres d’un blessé pendant son transport.

& criminelles : quand elles ont pour cause des coups, une morsure, des manœuvres de strangulation, des tentatives de viol.

  • Ecchymoses spontanées : s’observent :

& dans les asphyxies : sur le visage, les oreilles, les conjonctives.

& dans certains états pathologiques : leucémie, affections hépatiques…

& lors des intoxications ou d’intolérances ; par l’arsenic, l’iode,

  • Ecchymoses thérapeutiques : produites par les injections sous-cutanées ou intraveineuses ou par ponction lombaire.

  1. Diagnostic différentiel :

    • Chez le vivant :

La vitro pression, ou la simple pression avec le doigt ne font disparaître la coloration.

La possibilité de simulation, qui disparaît au simple lavage.

    • Chez le cadavre :

  • Des lividités cadavériques : taches bleu grisâtre, marbrure rouge violet, siégeant dans des parties déclives, absentes dans les zones d’appui.

  • Des taches de la putréfaction : tache violacée.

  • Plaques parcheminées : brunâtre, sont des érosions épidermiques desséchées qui peuvent être doublées d’une ecchymose.

  1. CONTUSION DE 2ème DEGRE L’HEMATOME

  • Contusion du 2ème degré

  • L’hématome est constitué par une collection sanguine dans une cavité néoformée. Ceci implique que l’épanchement sanguin soit important, écarte les tissus et réalise une véritable néo-cavité.
    Les conditions d’importance du traumatisme sont identiques à celles qui déterminent les ecchymoses. En revanche, s’y ajoute des risques de compressions profondes ou de mise en jeu d’emblée du pronostic vital (hématomes intracrâniens).

  1. CONTUSIONS DES 3ème ET 4ème DEGRES LES ECRASEMENTS ET BROIEMENTS

  • Ce sont des contusions (sans effraction cutanée) mais elles diffèrent des autres contusions sus décrites par :
    – l’importance du retentissement général (mort ou état de choc avec rhabdomyolyse et insuffisance rénale aigüe : « Crush syndrome »).
    – l’importance de l’agent traumatisant chute d’un édifice, enfouissement sous des décombres, incarcération dans un véhicule, écrasement par un train, etc….

On distingue

  1. Lésions des organes internes

 Les liaisons internes font toute la gravité potentielle des violences corporelles.

Elles doivent être dépistées par un examen soigneux, au besoin répété

  1. Contusion cérébrale :

  • Lésion hémorragique par rupture vasculaire

  • Lésion du tissu cérébral, suivant l’importance du traumatisme

  1. Contusions thoraciques :

Lésions costales, parfois multiples, déterminant des grands volets thoraciques ou un enfoncement du plastron sterno-costal

Lésions pleurales; hémothorax, uni ou bilatérale, pneumothorax, ou hémo- pneumo thorax

Lésions du parenchyme pulmonaire : vasculaires, bronchiolaires ou alvéolaires

Les contusions les plus violentes engendrent des lésions cardiaques « hémopéricarde, hémorragie sous péricardique, rupture des piliers ou des valvules voir même déchirure du myocarde; au niveau du médiastin, peuvent se voir des ruptures des gros vaisseaux de la base, de la trachée, ou des bronches.

  1. Contusions abdominales :

  • Organes pleins

  • Le foie : le plus souvent touché au niveau duquel peuvent se trouver des déchirures du parenchyme, et de la capsule avec hémorragie, voir hématome soue séreux.

  • La rate : souvent siège de rupture entraînant une hémorragie cataclysmique d’emblée, ou rupture secondaire à un stade d’hémorragie intra capsulaire.

  • Organe creux

  • Estomac :est surtout exposée lorsque elle est pleine (soit déchirure des tuniques, soit hémorragie)

  • Intestin : rupture d’emblée par éclatement, soit une perforation après escarrification.

  • Des hernies diaphragmatiques, de ces deux organes peuvent être observées lors d’un traumatisme violent.

  1. Contusion de l’utérus: au cour de la gestation, elle donne lieu a des discussions médicolégales fréquentes ; dans les premiers mois, ce n’est que lorsque, la gestation se trouve compliquée d’un état pathologique qu’un traumatisme peut déterminer l’expulsion prématuré de l’œuf

  1. L’EROSION :

    1. définition

  • Elle résulte d’un arrachage épidermique superficiel par friction.

  • Elle traduit des violences légères, correspondant à une perte de substance épidermique (synonymes : excoriation, écorchure, égratignure, éraillure, éraflure), elles peuvent reproduire la forme de l’instrument contondant; elles peuvent avoir un aspect particulier : coups d’ongles.

  1. Evolution

  • Sur le vivant : l’évolution se fait vers la croûtelle; la duré de la cicatrisation ne dépasse pas une semaine dans les cas simples

  • Sur le cadavre : le derme dénudé se dessèche, se parchemine, brunit : c’est la plaque parcheminée

  1. Diagnostic médico-légal

  • Le siège au cou (strangulations); au niveau des organes génitales et an la face interne des cuisses ( attentats aux mœurs); a l’anus (attentat pédérastique ); a la figure, aux main (lutte); sur le pourtour des orifices respiratoires (suffocation).

  • La forme, la direction, la répartitionrenseignent sur le mécanisme de production, cas des griffures qui se présentent comme des excoriations linéaires, en sillon

  • Les incrustations : (sable, particules diverses) doivent recherchées avec une forte loupe sinon a l’examen histologique

  • Caractère ante ou post mortem :

  • Si l’érosion est recouverte d’une croûte de sang, et ne siége pas à une partie déclive (zone des lividités); dans se cas la en peut admettre quelles a été produite avant la mort.

  • Les thromboses capillaires observées à la loupe par transparence sur une plaque parcheminée, on dehors de la région des lividités ; peuvent être considérées comme une réaction vitale.

  • Chez les noyés, les éraflures post mortem sont fréquentes au visage, aux mains, aux parties découvertes (lésions de charriage)

  •  Il peut exister des traces de traînage, ou des traces laissées par des souliers.

  1. LES FRACTURES :

  1. Diagnostic repose sur l’examen clinique et la radiographie. Elles sont témoins d’un choc violent direct ou indirect, et s’accompagnent ou non de lésions associées telles qu’ecchymoses, hématomes ou plaies (fractures ouvertes); elles peuvent se rencontrées dans tous les genres de contusions

  • Au niveau des os longs, elles résultent, soit de l’action directe de l’agent contondant, qui produit au point d’application une fracture directe, soit de l’action indirecte de violences, de chute ou accidents, qui produisent des fractures indirectes.

  • Au niveau du crâne, les lésions osseuses sont particulièrement intéressantes. Ce sont, au niveau du squelette de la voûte; par ordre croissant (60 kg de pression au cm2 étant nécessaire pour provoquer une fracture): les ecchymoses osseuses, les fissures, les embarrures et les fractures.

  1. Les lésions osseuses

    1. Les ecchymoses péri fracturaires : résultent de l’épanchement de sang, dans le diploé consécutif à la rupture des travées osseuses, sans fractures des tables externes et externes. Elles se présentent sous forme de taches foncées, rouge violacées, particulièrement bien visibles en diaphanoscopie. Elles persistent très longtemps, et souvent faire poser un diagnostic de violence crânienne, alors que la putréfaction a détruit les parties molles. L’apparition de ces ecchymoses après un traumatisme crânien n’est pas obligatoire. A l’inverse, en cas de troubles de la crase sanguine, ces ecchymoses osseuses peuvent être très étendues.

    2. Les fissures osseuses: intéressent les doubles tables externes et interne, ou seulement une table interne. Elles sont de longueur et de trajet variables, parfois étoilées, se perdent dans les sutures. La radiographie avec agrandissement de l’os séparé met en évidence des fissures qui auraient échappés à l’examen direct

    3. L’embarrure: elle se présente sous forme d’une dépression ou d’un enfoncement des tables osseuses, reproduisant souvent la forme de l’instrument contondant, allongé, circulaire ou angulaire. L’enfoncement peut être partiel, en pente douce d’un coté, plus profonde à l’opposé lorsque le coup a été porté obliquement ou tangentiellement à la surface osseuse.

  2. Mécanisme :

  • Les fractures peuvent être uniques ou multiples, elles sont alors localisées à un foyer composé de plusieurs fragments de forme diverses, triangulaire, quadrangulaire, ou étendu à une grande partie de la voûte; réalisant un fracas osseux à fragments multiples.

  • Le foyer de fracture résulte d’un coup unique, les fracas proviennent des coups multiples ou d’un traumatisme violent

  • Le caractère vital de ces fractures est caractérisé par l’existence d’hématomes péri-fracturaires et d’infiltrations ecchymotiques du diploé

  • La phlébographie cérébrale occlusive post-mortem, permet de mettre en évidence des hémorragies du diploé inapparent.

  1. Chronologie de la fracture : la fracture initiale est complète, la deuxième fracture est forcément incomplète, arrêté ou stoppé par la première la troisième est arrêtée au niveau de la deuxième.

  1. LES PLAIES CONTUSES

  1. Définition

  • Elles regroupent les caractères de la plaie et de la contusion.
    Leur forme est irrégulière, les bords déchiquetés, étoilée, avec souvent, une érosion épidermique marginale; le fond infractueux, ecchymotique.
    Ces plaies comprennent les morsures, les griffures, mais aussi les plaies par armes à feu. En fait toutes plaies résultant d’une action de contusion et d’effraction cutanée.       

  • La plaie est en général entourée par une zone ecchymotique.

  • La plaie contuse associe les caractéristiques de l’érosion cutanée et de l’ecchymose avec celles d’une plaie. Aux régions reposant sur un plan osseux (cuir chevelu, sourcil, crête tibiale), la plaie contuse rectiligne, ressemble a une plaie par instrument tranchant; mais l’érosion marginale parcheminée persiste et les principaux caractères distinctifs se retrouves a la loupe.

  1. Evolution :

Les plaies contuses réalisent un type évolutif dit de guérison par seconde intention. Dans ces cas les bords de la blessure ne peuvent être rapprochés les études de CARREL et HARTMANN montre qu’il y a bien un comblement de la plaie par des bourgeons charnues (4e, 5e jour) mais la contraction des berges du (8e, 10e jour), progressive, ne réduit la surface cruentée que d’un tiers environ. L’épidémisation va bien recouvrir le blastème mais il y aura toujours une cicatrisation plus ou moins déprimée.

  1. Diagnostic médico-légal

  • Diagnostic positif :

Sur le vivant : la palpation des aires ganglionnaires a ma recherche d’une adénopathie dans le territoire drainant la région contuse.

Sur le cadavre : mensuration et repérage anatomique de la lésion principale et recherche des lésions associées (ecchymoses par crevés, luxation, fractures; lésion interne)

  • Caractère ante et post mortem :

  • Macroscopie (hémorragie, coagulation, rétraction tissulaire)

  • Histologie (leucocytose traumatique, signe de la fibre élastique et de la fibre collagène)

  • Histochimique (modification enzymatique)

  • Détermination de la cause :

L’objet contondant peut être selon BALTHAZARD, en arme naturelle « ongles, dents, poings, pieds », improvisé « bâton, canne, pierre », préparé « coup de poings américain, canne plombée »

    1. Selon les circonstances médico-légales :

    1. Les plaies de défense :

  • Elles intéressent essentiellement la face palmaire et résultent, le plus souvent, de deux mécanismes lésionnels :

  • Main relevée en protection, avec paume fréquemment tournée vers l’agresseur,

  • Tentative d’immobilisation ou de préhension de l’arme, souvent par la lame.

  1. Les plaies par automutilation :

  • Actes commis délibérément dans le but de se blesser (blessures volontaires ou de sévices auto infligés)

  • Elles surviennent dans un contexte de revendication (prison) ou de violences sexuelles.

  • Elles sont parallèles, linéaires et superficielles parfois arrondies « brûlures de cigarettes »

  • Tout siège est possible notamment :

  • les faces antérieures du tronc et de membres

  • Les zones accessibles la paroi abdominale antérieure.

  • Profil psychologique particulier

  1. Les plaies lors d’une tentative de suicide :

  • Incisions multiples, souvent parallèles,

  • Siège des gros vaisseaux : Faces antérieures des poignets et des avant-bras. Racine des cuisses. Cou, à gauche chez le droitier, zones accessibles.

  • La queue marquerait le début de la blessure

  • La plaie est oblique de haut en bas, de gauche à droite, elle siège surtout sur la face latérale gauche du cou, pour un droitier.

  • La plaie est irrégulière (la main hésite quelque peu) « d’essai » (+++),

  1. Les plaies lors d’une simulation :

  • Le diagnostic de simulation comporte des enjeux médico-légaux et judiciaires importants.

Il doit être étayé (souvent au moyen de documents photographiques de qualité)et doit faire impérativement l’objet d’un avis spécialisé en médecine légale.

  • La simulation consiste à exagérer ou à aggraver les conséquences d’une blessure

  • Certains caractères techniques sont évocateurs : elles siègent dans des zones accessibles et volontiers « investies » (visage, poitrine, face antérieure des cuisses, ventre…).

  • Elles sont toujours superficielles, multiples, parallèles et circonscrites.

  1. plaies par homicide :

  • la queue corresponde à la fin de la blessure.

  • La plaie est plus exactement transversale mais cela dépend encore de positions respectives de la victime et de l’agresseur ; elle peut être horizontale ou légèrement oblique, par contre elle est oblique, de haut en bas, si l’agresseur attaque sa victime par derrière.

  • La plaie est nette.

    1. Conduite à tenir devant une blessure

        1. Chez le vivant 

  1. Examiner la plaie :

  2. Examiner les vêtements :

  3. Recherche des lésions associées :

  4. Bilan complémentaire

  5. Démarche à suivre :

  1. Dans le cadre d’une consultation :

  • La conduite d’examen :

      • Accueil/Anamnèse :

    • état civil

    • antécédent médicochirurgicaux

    • allégations :

      • natures des violences

      • date, heure, et lieux des faits

        • Éventuelle prise en charge thérapeutique et/ou psychologique

        • Examen clinique

        • Examen para clinique

  • Rédaction du certificat initiale de constatation des coups et blessures

  • Elle constitue une étape primordiale, car tout examen médico-légal, doit être couronné par un rapport médical objectif, simple, complet, comportant une description minutieuse des lésions à travers un examen médical et complémentaire.

  • Ce rapport est le certificat initial de constatation des blessures, rédigé par le médecin examinateur et délivré a la victime au main propre, ou a son tuteur dans le cas de « mineurs, handicapé majeurs », ou à la source de la réquisition » OPJ, parquet ».

  • La constatation doit être rigoureuse et détaillée sans complaisance, appelée à être produite en Justice ou utilisé par les victimes, elle n’est interprétable qu’au prix du respect d’un certain formalisme de rédaction et de l’emploi d’un vocabulaire adapté.

  1. Dans le cadre d’une expertise médico-judiciaire :

  • Evaluation de l’IIT, IPP

  • Evaluation Des Sequelles

        1. En cas de Blessures mortelles

  1. Les données de la levée de corps

  2. Les Constatations nécropsiques

  1. Description

  2. Chronologie des lésions

  3. Caractère ante et post mortem :

  • Blessures faites sur le cadavre : elles peuvent être accidentelles ou intentionnelles.

  • l’hémorragie est classiquement absente, mais des suffusions sanguines, des écoulements sanguins peuvent être observés.

  • l’absence de coagulation est réelle, mais il y a possibilité de formation de pseudo caillots, peu organisés dissociables, libérables au simple lavage.

  • l’absence de rétraction des tissus.

  • Blessures faites de son vivant : les blessures ante mortem offrent des caractères distinctifs suivant :

  • les blessures faites assez longtemps avant la mort sont caractérisées par la présence d’une croûte séro-sanguine avec un début de cicatrisation.

  • les blessures faites très peu temps avant la mort ou immédiatement avant la mort présentent :

  • des caractères généraux : l’hémorragie, coagulation, la rétraction des tissus, ce dernier est variable avec la situation de la blessure, et elle est moindre lorsque les téguments ont été contusionnés, déchirés, tiraillés. Parfois elle entraîne une pseudo irrégularité que l’on observe souvent chez les décapités.

  • des caractères spéciaux : la leucocytose, la transformation du pigment hémoglobinique, le signe de la fibre élastique et la présence de fibres de tissu élastique et de tissu conjonctif.

  1. L’appréciation des situations respectives de l’agresseur et de la victime :

Seule l’étude de la situation de la plaie, de son aspect morphologique ainsi que celui de la section des vêtements permet de donner quelques appréciations.

  1. La cause de la mort : de dire si la mort est la conséquence directe de la blessure.

  1. Les prélèvements

  2. L’examen de l’arme incriminée :

  • la présence de sang sur l’arme pourra servir à l’identification, après détermination des groupes sanguins, au même titre que les tâches de sang trouvées sur les mains ou les vêtements de l’agresseur présumé.

  • La présence des cellules viscérales, en particulier hépatique, sur une arme piquante ou tranchante, pourra être recherchée et identifiée (elles conservent leurs caractères histologiques pendant plusieurs mois).

  • La présence de poils, de cheveux, ou de lambeaux de tissu sur un instrument contondant pourra également permettre d’affirmer que l’arme est bien celle du crime.

  1. Dispositions législatives

    1. La classification des armes blanches 

  • Selon l’ordonnance N° 97-06 du 21.01.97 Relative aux matériels de guerre, armes et munitions dans son Art.4. : 6ème – catégorie : Armes blanches ;

  • Selon le décret exécutif n°98 – 96 du 18 mars 1998 en son Art.4 ali.1:

Sixième catégorie : Armes blanches. Cette catégorie comprend les sous-catégories suivantes : Baïonnettes, sabres-baïonnettes, poignards, couteaux -poignards, machettes, sabres, épées ;

    1. Dispositions Pénales 

  • La fabrication, l’importation, l’exportation et le commerce

« Ceux de la 6ème catégorie d’un emprisonnement de deux (02) à cinq (05) ans et d’une amende de 200.000 à 500.000 D.A »

  • L’acquisition et la détention « Concernant la 6ème catégorie de la réclusion à temps et de dix (10) ans à vingt (20) ans et d’une amende de 1.000.000 à 2.000.000 D.A »

  • Le port et le transport concernant la 6ème catégorie d’un emprisonnement de six (06) mois à deux (02) ans et d’une amende de 5.000 à 20.000 D.A

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