L’expert, l’expertise médicale et la contre-expertise.


par K. B.

Source: http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5163628

L’Algérie accorde un intérêt croissant à la criminologie et à la médecine légale, compte tenu des mutations que connaît la société algérienne, a souligné le Pr A. Oussadit, chef de service de la médecine légale au CHU de Tlemcen.

Dans une déclaration à notre journal, en marge des deuxièmes Rencontres régionales de médecine légale qui s’est tenu le 26 janvier 2012 à l’auditorium de la faculté de médecine Chahid Acimi à Tlemcen sous le thème «L’expert, l’expertise médicale et la contre-expertise», le Pr A. Oussadit a estimé que le médecin se livrant à la pratique de l’expertise est susceptible d’engager sa responsabilité, qu’il s’agisse d’un médecin expert judiciaire mandaté par l’autorité judiciaire pénale civile ou administrative, ou d’un conseil désigné par une compagnie d’assurance ou par un particulier. Il a dans ce contexte souligné que le médecin expert est un auxiliaire de justice, car le magistrat a besoin de son avis technique. Sa mission est de reprendre tous les chefs de préjudice, de définir tout ce qui a changé par rapport à l’état de la personne antérieur à l’accident, afin que celle-ci soit indemnisée. Le médecin expert ne peut répondre à autre chose qu’aux questions qui lui sont posées dans le cadre de sa mission : il ne peut pas faire état d’éléments étrangers à sa mission. Il convoque les parties et les entend, puis il fait un rapport.

Le Pr Oussadit a rappelé aussi la différence qui existe entre le médecin expert et le médecin conseil. «Le médecin expert est inscrit sur la liste des experts ; il ne dépend que du tribunal et est indépendant des parties. Le médecin conseil travaille pour les compagnies d’assurances ou pour la victime». L’importance de cette rencontre pluridisciplinaire regroupant les praticiens du droit et de la médecine réside, tient à préciser le Pr Oussadit, dans le partage du savoir entre les participants, d’autant plus que les thèmes au programme portent, entre autres, sur l’aléa thérapeutique chez l’homme.

D’autres exposés furent donnés. Le Pr Meguenni Kamel (faculté de médecine de Tlemcen) : l’importance de l’expertise en matière de preuve pénale ; M. Guedidène Ismaïl, procureur de la République adjoint près le tribunal de Tlemcen : expertise en matière de responsabilité médicale ; le Pr Boublenza Abdellatif (faculté de médecine de Sidi Bel-Abbès) : responsabilité du médecin expert ; le Pr Aboubekr Abdelmadjid (faculté de médecine d’Oran) : responsabilité des médecins experts ; le Pr Belhadj Lahcen (faculté de médecine Sidi Bel-Abbès).

A noter qu’un hommage particulier a été rendu au cours de ces deuxièmes journées de médecine légale au regretté Professeur Mourad Hannouz, décédé il y a dix ans. Ses amis et ses élèves se sont réunis à 9 heures à la faculté de médecine de Tlemcen pour témoigner de son parcours et de son enseignement et honorer sa mémoire et son souvenir. Le professeur Hannouz est natif de Constantine, le 5 juillet 1933. Docteur en médecine, il milita activement à l’UGEMA et participa à la grève de 1956 décidée par le FLN. A l’indépendance, il rejoint les rangs de l’ANP à Sidi Bel Abbès avec le grade de lieutenant. En 1965, il s’installe à Saïda et assume la fonction de directeur départemental de la santé (DDS). Au début des années soixante-dix, il débute des études spécialisées en France et obtient quatre diplômes en médecine légale, droit médical, réparation juridique du dommage corporel et criminologie. En 1976, il s’installe à Oran et crée le premier service de médecine légale de l’Ouest. Il soutient brillamment une thèse de doctorat d’Etat en sciences médicales. Il a présenté la Société algérienne de médecine légale et a été membre du conseil d’administration de la Société méditerranéenne de médecine légale. Il a publié de nombreux manuels de droit médical et de règlementation.

  • Source: http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5163628

L’insecte et l’homme


Source: ger23.free.fr/cours/biologie/Insecte%20et%20homme.docx

  

Présentation des Insectes

Formés de 3 parties : la tête, le thorax (relié à la tête par le cou) et l’abdomen. La tête porte les yeux et les antennes, le thorax est divisé en prothorax, mésothorax et métathorax, et porte 3 paires de pattes, et l’abdomen est métamérisé, les derniers métamères sont modifiés suivant le sexe (on parle de dimorphisme sexuel).

 

Classe des Insectes :

  • Absence d’ailes : sous classe des Aptérygotes

Ex : collemboles, thysanoures

  • Présence d’ailes : sous classe des Ptérygotes

Ex : tous les autres.

Cependant, certains ptérygotes n’ont pas d’ailes, mais ont des strepsiptères.

Un adulte est appelé Imago. On peut classer les insectes en fonction de la nervation alaire (longitudinales, transversales). On sait aussi que plus un insecte est évolué, moins il a de nervures alaires.

 

Cycle de vie :

 

Imago

 

Œuf (embryologie)

 

Stade nymphal (puparium)

 

Larve 1

 

 

n stades de larve

 

Le stade nymphal est le stade hivernal avec diapause (possible aussi au stade œuf, ou à un stade larve). On dit d’un insecte qu’il est univoltime s’il n’a qu’une génération par an, et qu’il présente un stade hivernal avec diapause. Il est parthénogène s’il se reproduit sans accouplement, à part la dernière génération avant l’hiver (ex : le puceron).

On classe aussi les insectes en fonction de leurs caractères biologiques et abiotiques (température, photopériode, peuplement biologique…)

 

 

L’insecte et l’expertise médico-légale

Introduction :

Dans le cadre d’une expertise médico-légale, le médecin légiste doit déterminer le plus parfaitement possible la date de la mort. S’il n’est pas compétent, il fait intervenir des entomologistes compétents. En anglais, ceci porte le nom de « Forensic entomology ». Les différents insectes suivent la décomposition, qui se fait en plusieurs étapes :

  • Rigide

  • Livide

  • Décomposition variée dans la composition chimique de cadavre (en plus de la colonisation par les bactéries)

Il existe 2 méthodes pour dater la mort :

  • Méthode à court terme, fondé sur la connaissance précise des cycles des nécrophages (mangeurs de chair)

 

Les calliphoridae

Ex : La mouche bleue de la viande.

Les femelles déposent des œufs sur les blessures, ou dans les orifices naturels. Les œufs sont en paquet, blanc-jaunes (blanc = jeune, jaune = vieux) en forme de banane. Chaque femelle pond plusieurs centaines d’œufs. Les œufs incubent entre 10 et 100 heures, en fonction de la température. La période larvaire est une période de nutrition, d’accumulation de graisses. Il y a aussi une augmentation de la longueur, avec les mues, et changement de forme des crochets. La mue est appelée exuvie.

Une larve L1 dure 15 heures, et au contraire, la larve L3, qui est le stade le plus long, dure quelques jours. La nutrition s’arrête avec le passage au stade pupe : prépupe. La peau durcit, les crochets restent, et il y a formation de la mouche : Pupe (stade nymphal). Ce stade dure quelques jours. Ensuite, la pupe se coupe circulairement, et la mouche émerge. Les ailes sont fripées au départ, et elles reçoivent de l’hémolymphe pour pouvoir s’ouvrir et entrer en fonctionnement. La femelle peut pondre 1 semaine après son émergence.

 

  • Méthode à long terme, fondé sur la connaissance de l’ordre d’arrivée des différentes escouades sur un cadavre.

Il y a une grande variété d’espèces sur un cadavre. On les prend insecte par insecte, et on cherche à quelle génération on en est. Il y a par exemple les insectes nécrophiles, qui mangent les parties rances, mais aussi les occupants.

Il existe 8 vagues de succession entre le cadavre frais et le cadavre os : 8 escouades.

 

Historique de l’utilisation des insectes dans la datation de la mort

  1. Au 13ème siècle, dans la littérature chinoise, on trouve le premier fait permettant de dater un meurtre par les insectes. On a trouvé une mouche sur une faucille. C’était un Calliphoridae, une des espèces les premières arrivées sur un cadavre.

  2. Le premier rapport d’expertise entomologique a été fait au 19ème siècle par un français, Mr Bergeret, qui rapporte un fait le 22 mars 1850, par la présence de larves et de pupes de mouches et de chenilles de micro coléoptères (mites). En se basant sur les connaissances de l’époque, il rapporte la durée de vie des mouches à 1 an. Il fait remonter la mort à 1848. Maintenant, en connaissant la biologie des espèces, on peut le corriger, et déterminer la mort à fin été, début automne 1849.

  3. Mise en place d’un plan de succession d’invasion entomologique et d’autres arthropodes chez le cadavre. Entre 1879 et 1897, s’associent des entomologistes et des médecins légistes pour la première fois au muséum de Paris : Megnin, Brouadel et Yovanovitch. Ils mettent en évidence la succession des 8 escouades, de la mort à la complète minéralisation de cadavres humains. En effet, ils indiquent que les mouches peuvent intervenir dans les minutes qui suivent le décès, sans qu’aucune odeur ne se fasse sentir.

 

Les 8 escouades :

  1. 1ère escouade : Calliphoridae et Muscidae

Calliphora viscina (mouche bleue urbaine) : la femelle pond des œufs au niveau des orifices humides. Si on trouve Calliphora vomitaria, c’est une espèce champêtre, et donc la mort a eu lieu dans un bois. Il y aura une variation de colonisation selon les régions biogéographiques.

  1. 2ème escouade : Calliphoridae et Scatophagidae

Ex : Lucila caesar : elle arrive rapidement avec la forte odeur qui se dégage et repousse les Calliphoridae. L’odeur est cadavérique. C’est le début de la fermentation, avec la fermentation butyrique (qui raccourcit les graisses), réalisée par les bactéries anaérobies (clostridium), dégagement d’un acide gras volatile : l’acide butyrique (odeur nauséabonde).

  1. 3ème escouade : Coléoptères (Dermestidae) et Lépidoptères (Tineidae)

  2. 4ème escouade : Diptères (Syrphidae et Piophilidae) et Coléoptères (Claridae)

Destruction des matières protéiques. Forte odeur d’ammoniac. Phase de fermentation lactique : asticots qui ressemblent à ceux qui se nourrissent de fromage.

  1. 5ème escouade : Muscidae (Ophyra, Phora) et Coléoptères (Necrophorus, larves d’Hister)

Les petits Muscidae sont attirés par l’ammoniac. Les Coléoptères attirés sont de grande taille. C’est à cette étape que se termine la fermentation.

Chaque type de fermentation a attiré des familles spécifiques d’insectes. A la fin de la fermentation, les modifications chimiques du cadavre repoussent ses habitants. L’odeur est donc un facteur d’attirance et de répulsion.

  1. 6ème escouade :

Dessiccation bien avancée de la dépouille, marquée par la présence de nombreux petits acariens dont certains sont accrochés sur la dépouille d’insectes qui ont précédé. On note la présence de nombreux insectes détriticoles. Attention, les acariens ne sont pas des insectes. Ils absorbent le peu d’humidité (humeurs) qui reste encore. Ils sont associés à des insectes de petite taille : les Piophilidae.

  1. 7ème escouade : Lépidoptères (Teniedae, Oecophoridae) et Dermestes

Les Dermestes rongent tout ce qui forme les lainages et fourrures, et les découpent en restes séchés en petits bouts.

  1. 8ème escouade : Coléoptères (Ténébrio, Ptinus) et Lamyres

Le cadavre a au moins un an, et peut aller, à cette étape, jusqu’à 3 ans (en fonction de la localisation, l’altitude, la température, et les conditions atmosphériques). C’est maintenant que commence la décomposition des os, ou la pénétration des cavités des os, pour faire disparaître tout débris organique. Les Lamyres achèvent le nettoyage des charpentes osseuses et des dépouilles des escouades antérieures (exuvies, dépouilles de nymphe).

 

 

 

 

Régions biogéographiques :

 

Zone de la Terre

Région biogéographique

Amérique du Nord

Néarctique

Amérique du Sud

Néotropicale

Nord

Arctique

Sud

Antarctique

Eurasie et Maghreb

Paléarctique

Afrique

Afrotropicale

Inde et océan Indien

Orientale

Océanie

Australienne

Japon et l’Est

Océanique

 

Une espèce qui ne se trouve que dans une seule région est appelée Endémique.

Les régions Arctique, Néarctique et Paléarctique sont appelées Holarctique.

 

 

Actuellement, on distingue 4 groupes d’arthropodes détritivores, selon leur intervention :

  1. Les espèces nécrophages : elles se nourrissent de cadavre, et se succèdent selon un stade biologique de décomposition. On retrouve ici des Diptères (Calliphoridae, Sarcophagidae, Fannidae, certains Muscidae, Piophilidae), des Coléoptères (certains Silphidae, Dermestidae, Tenebrionidae, Necrophoridae), des Lépidoptères (Pyralidae, Tineidae), des Acarien.

  2. Les espèces nécrophiles : Prédateurs carnassiers ou parasites qui se nourrissent en grande partie des nécrophages. On retrouve ici des Coléoptères (Staphylinidae, Cléridae, Histeridae, certains Hydrophilidae), des Diptères (certains Calliphoridae dont chrysomya, Muscidae dont Ophyra, Phoridae), des Hyménoptères parasitoïdes.

  3. Les espèces omnivores : elles mangent de tout, et sont donc nécrophages et nécrophiles. Par exemple, des Hyménoptères (guêpes), des fourmis, des larves de Coléoptères, ils doivent seulement posséder des mandibules.

  4. Les opportunistes : ils se servent du cadavre comme d’une extension de l’habitat, et colonisent les restes du cadavre (abris, cachette, endroit pour passer l’hiver…). On peut par exemple citer les Collemboles (Aptérygotes), les araignées (qui en font des abris, des pièges…)

 

 

L’expertise entomologique en médecine légale se pose 2 questions :

  • A quand remonte la mort ?

  • Le cadavre a-t-il été déplacé ?

Pour répondre à ces questions, il faut identifier les animaux récoltés et déterminer leur stade et micro habitat. Ensuite, il faut établir les conditions auxquelles a été exposé le corps. En effet, une mouche ordinaire se développe en une trentaine de jours à 18°C. Il ne lui faut que 15 jours à 25°C. Il faut ensuite déterminer l’évolution cadavérique, et enfin la rigidité ou non du cadavre.

Le bilan entomologique repose sur la biologie des insectes identifiés.

 

On trouve, par exemple, facilement Calliphora vomitaria (Linné, 1758). C’est une espèce très commune, très répandue en région Holarctique. Elle est rurale, forestière et montagnarde. Les adultes ont une activité diurne. Leur vol est bruyant et rapide. Elles sont carnivores et parasites de matière organique en décomposition. Elles interviennent directement après la mort. Leur activité est très faible si la température est inférieure à 9,9°C, mais elle est optimale entre 15 et 20°C. De la pupe, la femelle peut pondre après 4 à 5 jours. Elle pond 200 à 250 œufs, posés en petits paquets. Elle fait partie de la première escouade.

 

Différences dans le cycle en fonction de la température pour passer de l’œuf à l’imago :

Température

Nombre de jours moyen

11°C

59

15°C

39,3

20°C

27,8

Toujours avec même photopériode.

 

On trouve aussi facilement Calliphora vicina (RD, 1930). C’est une espèce Holarctique, Afrotropicale, Orientale et Australienne. Elle possède une activité diurne, elle est omnivore, carnivore ou parasite de matière organique en décomposition. C’est un insecte héliophobe (fuie la lumière solaire). Elle intervient immédiatement sur un cadavre frais. Son activité est minimale en dessous ou 10°C, et optimale entre 15 et 20°C. La femelle est mature à 4-5 jours, pond 200 à 250 œufs, par paquets de 10 à 25. Elle fait partie de la 1ère escouade.

 

Différences dans le cycle en fonction de la température pour passer de l’œuf à l’imago :

Température

Nombre de jours moyen

11°C

43,1

15°C

29,8

20°C

21,8

Toujours avec même photopériode.

 

On peut citer Lucila caesar (L., 1758). C’est une Cyclorrhaphe. Elle est d’un vert brillant, avec des reflets jaunâtres. Elle est recouverte de poils. C’est un insecte hygrophile (aime milieux humides), floricole. Elle est Saprophage, et Coprophage exceptionnellement. Elle est attirée par les blessures ouvertes sur les animaux vivants, à peau ou à fourrure. La femelle est ovipare, mais parfois, en zone tempérée, elle peut-être vivipare. Elle cherche les endroits frais, humides et marécageux. Elle a un vol rapide, dont le son est caractéristique. Elle provoque des myases, des blessures infestées de larves.

 

Différences dans le cycle en fonction de la température pour passer de l’œuf à l’imago :

Température

Nombre de jours moyen

11°C

103,5

15°C

34,5

20°C

18,5

Toujours avec même photopériode.

 

Necrophorus vespilloides, Necrophorus humator : Coléoptère, Silphidae. C’est un fossoyeur carnivore. S’il est sur un cadavre, il vient se nourrir des larves de diptères.

 

Staphylin spp. : Coléoptères de la famille des Staphylinidae. Il profite de larves de diptères qu’il dévore.

 

Hister spp. : Coléoptère, mange les œufs et jeunes larves de diptères, sur un cadavre récent.

 

Dermestes ondulatus : Cadavre réunit 3 mois après la mort.

 

Spalangia spp. : Parasite des larves de diptères Calliphoridae, Sarcophagidae, Muscidae.

 

Les paramètres climatiques

 

Ils ont une incidence directe sur le cycle biologique des insectes. Il faut alors s’informer à la météo locale.

Ex : Température, méthode de calcul

Pour passer de l’œuf à l’imago, on fait la somme des températures nécessaires. On obtient cette somme en additionnant les moyennes quotidiennes de température.

 

 

Température

250°C

 

 

 

jours

0 1 2 3 4 5 6

 

A ce chiffre, il faut soustraire un indice par espèce. Donc la somme des températures moins l’indice = le temps pour devenir adulte.

 

Ex : espèce x

A besoin d’une somme de température de 49°C. Son indice est de 2.

Jour

Vendredi

Jeudi

Mercredi

Mardi

Lundi

Moyenne de température

10

11

8

10

12

Somme des températures

10

21

29

39

51

Somme des températures moins l’indice

8

19

27

37

49

 

Valeurs expérimentales :

 

Indice

Somme des températures totales

Temps d’œuf à pupe

Calliphora vicina

2.0

388,0

191.0

Calliphora vomitaria

3.0

472,0

213.0

Lucila sericata

9.0

207,0

 

 

 

Les aspects initiaux d’un Cadavre

 

Dès que les grandes fonctions physiologiques s’arrêtent, la température du corps chute en principe de 1°C par heure pour s’équilibrer avec la température ambiante. Cela met entre 12 et 24 heures. En même temps, en 5 à 8 heures, la dépouille devient de plus en plus rigide (surtout aux muscles du visage), car le glycogène des muscles se transforme en acide lactique, responsable de la coagulation des fibres contractiles du muscle. Par la suite, on constate une disparition de cette rigidité entre 2 et 4 jours selon les conditions extérieures. 3 à 5 heures après la mort, une coloration rouge violacée de la peau apparaît : la lividité. Elle commence au cou et se répand au reste du corps. La lividité est complète au bout de 15 heures. La lividité se fait car le sang coagule, les globules sortent au niveau de la peau. Sous l’effet de la gravitation, le sang descend et s’accumule dans les parties basses, en contact avec le sol. Puis il y a autolyse des tissus : nucléases, estérases…

Ensuite se poursuit la déshydratation + autolyse des tissu = libération d’enzyme lysosomale

Emanation d’acide lactique.

Les graisses se transforment en acide acétique.

Description des protides entraîne la formation d’acide gras + dégagement ammoniac.

Contenu cellulaire disparaît, les cellules se désagrègent.

Cet altération naturelle est accélérée sous l’action de bactéries que le cadavre possédait dans son organisme = e-coli, et d’autres du groupe bascillus.

Les champignons transportés par l’organisme se développent, ces bactéries son très nombreuses sous la peau.

Il y a également à tenir compte de la corpulence du sujet (+ ou – de graisse) la production de gaz entraîne un gonflement du corps ce qui explique sa flottaison. Malgré tout ceci, il existe des parties indestructibles (cartilage os phanères dent = permet de savoir l’âge du sujet) la date de la mort déduite n’est qu’une approximation.

 

I) Différente autre méthode d’investigation de détermination pour l’identité et la date de la mort.

A) analyse des os et des dents

Si on ne trouve que des os :

  • détermination si cadavre humain ou cadavre animal :

Indice

[Schéma palette graphique]

 

  • s’agit-il d’un homme ou d’une femme

Possibilité car femme à un bassin plus large que l’homme et les os ont une forme différente

 

  • l’âge du cadavre

Utilisation de la jonction en le sternum et les côtes : plus cette jonction est usée, plus le sujet est vieux ; ou le crâne : plus les soudures sont soudées, plus le sujet est âgé. Les très jeunes enfants possèdent la fontanelle (petit trou dans le crâne).

Concernant les dents elles résistent à de fortes températures, l’émail ne s’éclate qu’a partir de 400°C et si le cadavre est brûlé ont se base sur ses dents pour déterminer l’âge. La faune trouvée dans les cendres sera différente selon la matière brûlée, avec les dents ont peut déterminer l’ADN de l’organisme et même on peut estimer le groupe sanguin.

 

  • possibilité de reconnaître si une goûte de sang est humaine ou animal

En effet grâce à des précipitations chimiques (antigène anti hémoglobine de l’homme)

 

Quelques exemples d’expertise entomologique

 

1er cas

Exemple de l’affaire RENARDY

-le 29 avril 1986 un bûcheron découvre la dépouille d’une personne dans les Ardennes belges, sur le cadavre ont trouve des cheveux (pas de peau), des bout d’ongles, un crâne fracturé, un fémur, un tibia, des morceaux de perçant, une parti du cubitus et un collier entouré de graisse. Tous ces morceaux sont éparpillés sur une surface de 100m carrés. Les os sont complètement délavés. A partir de ces éléments on détermine qu’il s’agit d’une femme âgée entre 15 et 21 ans. Grâce au collier, une fille qui a disparu le 18 août 1985 est reconnue par son père.

MARCEL LECLERCQest appelé à la rescousse, il fouine et trouve simplement 5 petits coléoptères de la famille des Staphylinidae qui appartiennent a trois espèces différentes. Une seule espèce peut être apportée à la liste des insectes intéressants ayant attaqué le cadavre. Les autres sont des opportunistes.

L’espèce est : Omalium rivulare

Cet espèce se rencontre sur des cadavres d’animaux a sang chaud, ce coléoptère venait juste d’éclore a partir des os entreposés (possédait une pilosité entière). Sachant que sa fille avait disparu le 18 août 1985 et sachant que le corps a été retrouvé le 29 avril 1986 grâce a l’Omalium rivulare => besoin de savoir quand le femelle du coléoptère a pondu son œuf.

 

 

C’est la troisième période qui a permis l’éclosion. La larve a passé l’hiver

=> Le corps se trouver a l’endroit a il a été trouvé lors du décès (le corps na pas bougé).

C’est un prédateur des stades larvaires des insectes des premières escouades.

Des recherches entomologiques plus poussées ont permis de trouver une pupe de Piophila casei, qui est un représentant de la quatrième escouade et seule cette espèce a eu accès au cadavre en fermentation caséique.

 

  • corps enveloppé dans un sac en plastique donc décomposition du cadavre continue. Le corps a peut-être été déplacé, le cas se passe pendant le stade de fermentation caséique et attire Piophila casei, l’Omalium mange les larves de Piophila casei. Conclusion : A ce moment là, on peut en déduire que la mort se situe a la fin de la première période. Au tribunal le préjugé coupable en écoutant l’histoire refaite de Marcel LECLERCQ avoue bêtement son crime (quel con !!!!!!).

  • deux prévenus qui furent condamnés en 1989 pour avoir séquestré, violé, assassiné et torturé la jeune femme.

 

 

2eme cas :

On trouve un cadavre d’une femme enfouit sous une couche de feuilles préservant une forte humidité le 10 octobre 1969, cette femme était portée disparue depuis le 6 octobre. Sur le cadavre on trouve des larves vivantes de Calliphora vomitaria au niveau des yeux. Elles sont au stade L3 et mesure 3 à 5mm. La température de ces 4 jours était élevée, pour cette espèce il faut compter 4à 5 jours pour le cycle complet.

  • la ponte a eu lieu le jour du décès et le cadavre n’a pas été déplacé. Il est mort ou il se trouvait dans les bois quand elle est morte.

 

3eme cas :

Le 2 octobre 1975 on trouve le cadavre d’un homme dans un bois qui est réduit a l’état squelettique parce que c’est un cadavre d’un homme pendu, le crâne et les os sont tombé au pied de l’arbre dans une sorte de cuvette constamment humide= ceci est très favorable au développement des insectes et des acariens, on trouve au niveau des pupariums vides de Calliphoridae, des pupariums vides de Muscidae, des pupariums vides de Saprophagidae, de nombreuses larves de Piophila casei qui mangent les larves des premières escouades. On a élevé ces larves et on a eu les éclosions de Piophila le 21octobre. On trouve également des coléoptères :

  • Hister cadaverinus

  • Philonthus (3 espèces différentes)

Plus des acariens.

On remonte les températures jusqu’en janvier 1975 pour définir le cycle biologiques des espèces trouvées. En effet sur ce cadavre, les insectes des première escouades avaient finit leur travail depuis longtemps, la quatrième escouade était représentée par Piophila, la présence des acariens permet d’arriver a une estimation de quatrième ou 5eme escouade, car les espèces trouvées ont un comportement amphibie, il n’y a pas de représentant de la septième et de la huitième escouade. La mort remontait à 5 ou 6 mois au moment ou on l’a trouvé, d’après les températures max et min.

 

 

Exemple d’enquête

– Les pontes de calliphora vicina sur un cadavre humain enseveli dans la neige. Mouche classée dans les nécrophages et qui a pondu dans des conditions extrêmes. Comment ces mouches qui ont peu d’activité en dessous de 12°C on pu pondre ? Cadavre retrouvé en décembre 1999 car des enfants ont été attiré par le manège des mouches au dessus du cadavre. On a constaté que le cadavre été enfuit sous 60 cm de neige, la température était de 0,3 degrés, la température en haut du trou était de 0°C. On récupère les œufs et a partir des œufs ont obtient des adultes du diptère.

  • le diptères est aussi attiré par l’odeur du cadavre => lors d’une enquête forensique il ne suffit pas de travailler sur le matériel biologique trouvé, mais de regarder les informations sur le contexte environnant.

 

On simule la même « expérience » avec Calliphora vomitaria et les résultats sont les mêmes.

 

L’étude de l’entomofaune des cadavres peut aussi apporter des éléments complémentaires comme :

  • dépistage de mauvais traitement = par la détermination des larves de mouches que l’on trouve et de leur âge.

t0 = œufs  L1 L2  L3  pupe

Si bébé a des plaies = les plaies attirent les mouches qui viennent manger l’épiderme, le derme pour former une myase cutanée.

 

  • on peut en étudiant un cadavre grâce aux espèces, trouver l’origine de drogue consommées ou injectées par le corps du cadavre. En effet dans les alpes on trouve deux cadavres que l’on trouve au stade de momification (cadavre sec après les fermentations) on retrouve un cadavre avec une humidité anormale, et il n’avait n’y larve n’y pupe n’y exuvie n’y dépouille des diptères nécrophages (calliphoridae, Muscidae). De même des larves ou la présence de nymphes de coléoptères dermestidé était absent également. Il y avait absence de petit lépidoptères de la famille des Pyralidae. Par contre on note la présence d’acariens de la famille des Tyroglophidae en petit nombre ainsi qu’une variété de petits diptères. On récupère l’ensemble pour le mettre en élevage et on obtient des adultes de Fannia scapularis qui peuvent être déjà identifiées des l’état larvaire. On trouve également des Pscychodidae, également on observe des Piophilidae (on les retrouve presque tout le temps sur les cadavres) dont Lipiophila varipes ce qui veut dire qu’il y a eu décomposition des substances protéiques. On n’observe pas d’espèces des escouades nécrophiles. Les chiens policier n’ont pas détecté l’odeur de ces cadavres on suspecte l’utilisation de substance tel que le mazout, arsenic de plomb, formol, cyanure. A cause de la présence d’arsenic de plomb les chiens ont eu un effet négatif. L’arsenic de plomb explique aussi le fait que les premières escouades aient été repoussées par ces substances et donc on ne pouvait pas les trouver. On a du attendre des pluies pour lessiver le cadavre ce qui a permis sa colonisation par les escouades suivantes. Bien sûr cette présence n’a pas empêché l’action des bactéries, chimiquement on peut remonter les filières et retrouver l’origine de ces produits toxiques mais la datation reste très approximative en raison de l’absence des premières escouades. En même temps on peut également trouver l’origine du cannabis car certaine espèces seront repousser par le cannabis d’autre seront attirer et on peut retrouver la présence de canabis dans les exuvies.

 

 

 

II) détérioration de matériel commercial vivant

 

Exemple : le cuir

Développement d’insecte parasite qui vont percer la peau de l’animal la rendant inapte à la confection du cuir.

Exemple de Garstrophilus intestinalis infecte les chevaux, les œufs sont déposés à différent niveau chez l’hôte (au niveau des pattes, des joues, des narines).

 

 

 

L’animal en se léchant les pattes absorbe les œufs

Caractéristique de la femelle =

  • absence de pièce buccal car elle ne mange pas

  • ponte immédiate

  • vol immédiat au niveau de l’hôte

 

Le cycle du diptère ne passe pas au niveau de la peau mais il diminue l’épaisseur donc le rend inutilisable.

Mais avec les Œstrus la larve percent le TD et viens au niveau du derme ou il fait des trous.

NB : ces cycles sont dits des cycles monoxènes

 

Incidences commerciales

Exemple : Varroa jacobsoni il s’agit d’un petit acarien véhiculé par des abeilles. Ils posent des problèmes aux apiculteurs car il détruit les ruches et donc diminution de la production de miel et de la pollinisation des plantes. C’est une espèce exogène (une espèce importée) différent d’une espèce endémiques/endogène. Conséquence d’une espèce exogène

 

En Indonésie l’abeille Apis cerana ne produit pas beaucoup de miel en France Apis mellifica qui a une forte production de miel. Ils ont importé Apis mellifica en Indonésie mais l’acarien Varroa jacobsoni a été aussi importé, dans les ruches ces Varroa tuent les abeilles puis s’agrippent aux autres abeilles pour aller infester d’autres ruches. Ces parasites vont dans les alvéoles des ouvrières et des faux-bourdons mais jamais dans les alvéoles des reines à cause de la gelée royale.

Le cycle est très rapide les femelles âgées entre dans une alvéole les œufs non fécondé donneront des males en 5à 7 jour et les œufs fécondé donneront des femelles. En un an il y avait entre 20 et 30% des abeilles parasitées. Insecte sert de parasite à une peste agricole.

 

III) transmissions parasitaires a l’homme

 

Dengue = virus

Peut être bénigne (sans danger) ou hémorragique

Transmission s’effectue par piqûre

Le moustique pique et suce du sang contaminé, le virus gagne les glandes salivaires, lors de son prochain repas sanguin il pique et injecte le virus à un autre via ces glandes salivaires.

Exemple mondial du paludisme.

Le moustique injecte le parasite lors de la piqûre qui se rend au niveau de cellules hépatiques pour effectuer sont premier cycles asexuée. Du foie sortent les schizozoïtes qui passent dans le sang

 

 

 

 

 

Intérêt commercial et de santé publique. Car première endémie de la planète.

Exemple la maladie du sommeil Afrique et Amérique du sud => 2 insectes différents (diptères ou punaise)

 

[Parasitologie voir cours année dernière]

 

Utilisation des insectes dans la lutte biologique

 

 

  1. Utilisation dans la lutte contre les mollusques des hôtes intermédiaires de distomatoses

 

Exemple la limnée :

Lymnaca truncatula qui est l’hôte intermédiaire de Fasciola hepatica

On utilise un diptère de la famille des scionyzidae par exemple :

Tetanocera ferruginea qui a une larve qui mange les mollusques. Mais la limnée a besoin d’un environnement particulier

 

Il faut faire attention a cet eau stagnante car c’est le terrain préféré de la limnée.

Les diptères interviennent en mangeant la limnée et ceci coupe le cycle.

 

[Voir cycle Fasciola hepatica]

 

 

Mollucicides permet de détruire les mollusques par exemple le DTT mais interdit pour le bien de l’environnement.

 

Exemple la pyrale du mais

Le trichogramme mange la larve de la pyrale. On met les trichogrammes à plusieurs stades différents pour couvrir tous les stades de la pyrale. A partir d’un œuf on a n individus qui sorte.

Le trichogramme est un auxiliaire et l’utilisation de l’auxiliaire empêche l’utilisation de pesticide. Dans un champ il y a des prédateurs (mollusques, insectes) si on les supprime on peut augmenter la productivité mais on détruit la faune. Si on supprime les haies entre les cultures ont supprime les habitats de certains insectes qui meurent ou disparaissent. => Les haies permettent de conserver la biodiversité. Les haies composites assurent une augmentation de la faune sauvage associée. Il y a une bonne importance d’effectuer un choix judicieux des essences puisque parmi les essences intéressante il y a le chêne blanc que l’on trouve un peu partout mais également le chêne vert. Les espèces végétales introduites/exotique ont une faune spécifique plus pauvre que les espèces indigènes surtout si elle s’apparente à des espèces locales. Au niveau de la diversité l’implantation plurispécifique sont plus riche et plus équilibrées que les plantations mono spécifiques.

La modification de l’espace et l’utilisation d’insecticides peuvent entraîner la disparition de plusieurs espèces

Un milieu perturbé par l’homme aura moins espèces qu’un milieu ou l’homme n’intervient pas, de plus une jachère fleurie aura encore plus d’espèces.

La biodiversité = ensemble des espèces dans un milieu donné.

La biodiversité spécifique

On peut utiliser des indices de diversité qui intègrent à la fois le nombre d’espèces trouvées (richesse spécifique) et leur abondance. La diversité sera d’autant plus importante que les espèces se trouvent en quantité relativement identique. Si on trouve un indice élevé, les espèces sont a peu prêt au même niveau donc les espèces sont très équilibrées.

Si l’indice est faible certaines espèces sont plus fortes que d’autre. Les psylles aspirent la sève des arbres fruitiers avec une émission de miellat par l’anus. Ce miellat s’étale sur les feuilles, et avec le soleil, on a un effet loupe qui cuit les feuilles => destructeur de feuille par l’absorption de sève mais aussi par émission de miellat. Mais présence de prédateur : des punaises qui se réfugie dans les haies, si on supprime les haies on supprime le prédateur du psylle. En utilisant plusieurs essences on augmente la préservation des auxiliaires. Dans les haies composites besoin de grands arbres, d’arbuste et d’arbre moyen. Besoin d’un certain espacement entre les grands arbres. Présence de prédateur spécifique au psylle mais aussi présence de prédateur omnivore qui mange entre autre le psylle. => nécessité de connaître les insectes

 

  1. Évaluation d’une biodiversité entomologique

 

Biodiversité = richesse spécifique du milieu.

Exemple les jachères

Les jachères traditionnelle = on laisse les plantes grandir librement et on fauche ou non.

On a établie des jachères fleurit pour 4 ou 5 type de fleurs. A partir de notre parcelle on étudie sa biodiversité.

Technique :

  1. matériel de capture

Les filets faucheurs => les insectes volants (le filet a papillon) diamètre de 30cm. Nécessité de déterminer la longueur du déplacement à faire et il faut avoir le même rythme. On scinde la ligne en plusieurs segments pour avoir une meilleur approche écologique de la faune.

 

 

Les pièges Barber => on place un gobelet dans le sol avec de l’eau, du liquide vaisselle et de la bière. On récolte des insectes marcheurs => carabidae

 

On les place dans un champ, espacés par plus de 10 m. permet de voir l’influence des haies environnantes. Présence de surprise : en effet certains animaux mangent des insectes et peuvent tomber dans le piège, mourir, et ceci attire des insectes nécrophages qui sont attirés par la mort des mulots. Si les sangliers passe les gobelets ne sont plus là.

 

Le piège Malaise ou tente Malaise=> permet de capturer les insectes qui se déplacent. Les insectes montent sur les piquets et rentrent dans le bocal qui est remplit de liquide conservateur

 

On installe dans notre système la tente Malaise et on peut déterminer les insectes venant d’un sens et de l’autre => on peut étudier le flux biologique.

C’est un piège d’interception qui capture tout ce qui vole (diptère hyménoptère papillon et coléoptère) d’où la nécessité de trier les insectes capturés.

Les pièges d’interceptions en hauteur en placent des pièges à différents niveaux dans un arbre.

On peut aussi mettre juste un drap blanc qui est fixé au sol par deux piquet et une ampoule électrique placée a un certain niveau d’un coté du drap blanc. De préférence faire cette expérience la nuit noire sans lune. Le type d’insecte capturé dépend de la météo.

Utilisation d’une lampe a UV besoin de connaître l’intensité lumineuse.

Chaque prélèvement doit avoir sa date. La détermination/expertise d’entomologie :

  • déterminer les ordres (diptère, hyménoptère…)

  • déterminer la famille (Syrphidae, Muscidae)

  • déterminer les genres et détermination de l’espèce

 

 

  1. présentation des résultats

 

 

 

Au début le nombre d’espèces augmente beaucoup mais au fur est a mesure les résultats stagnent.

Abondance relative= quantité d’espèce sur la quantité d’espèces trouvées fois 100.

La fréquence = le nombre de fois que l’espèce est présente dans les prélèvements. En effet si on trouve a en grande quantité mais sur un seul prélèvement b en petite quantité mais a tous les prélèvements et c de temps en temps et en quantité moyenne puis l’espèce d qui est en quantité et en fréquence supérieur a c  :

On en déduit que

  • a est une espèce explosive limitée

  • b est une espèce rare

  • c est une espèce accompagnante

 

Les espèces d et b sont tout les deux des espèces structurante du milieu (Fi supérieur a 50% quelque soit leur abondance). Les espèces à faible abondance et fréquence faible sont des espèces rare ou exceptionnel (Fi inférieur à 5%). Les espèces entre les deux sont des espèces accompagnante. Représentation en diagramme en camembert ce qui permet de visualiser l’importance de chaque groupe.

 

Arrivée des espèces opportunistes qui mangent souvent les autres espèces

 

La Bionique

 

Définition : science qui a pour objet de copier ce qu’il y a dans la nature. Biologie appliquée à la technique, pour pouvoir réaliser de nouvelles technologies. Pour cela on s’adresse aux plantes et aux animaux. C’est en regardant la chute de quelques feuilles qu’Etrich eut l’idée de faire une aile volante. Et c’est en regardant la constitution de la peau du dauphin que le docteur Kramer eut l’idée de fabriquer un revêtement anti turbulences sous-marines. Léonard de Vinci suite à ses observations au niveau des chauves souris a établit ses machines volantes. C’est en regardant les fructifications de la plante de la Bardane qu’un italien Georges de Mestral eut l’idée de fabriquer le velcro. Vers 1960, un américain impose le nom de Bionique et permet une transposition de la nature vers la technologie. Parfois, c’est simplement une copie, mais c’est la plupart du temps voué à l’échec, car on ne comprend pas le fonctionnement (ex : aile volante).

On observe des objets adaptés au vol, à la propulsion, à la perception d’images et à l’architecture.

Exemple d’architecture : Le nid d’abeille.

L’homme utilise ce vocable en disant que ce sont des structures sandwich. On l’utilise souvent en aéronautique pour la solidité, la légèreté (économie des matériaux)

 

Forme d’alvéole :

 

 

 

La forme hexagonale présente la plus grande solidité, et elle donne une capacité supérieure aux autres. Dans sa constitution, chaque paroi a une orientation de 120° par rapport aux autres qui assure une grande stabilité : renforcement de chaque liaison en 3 points. Il existe en chaque plaque une épaisseur supplémentaire.

Faire schémas rond avec dedans alvéoles, ou ronds ou carrés, ou octogones, ou triangles ou pentagones.

Exemple de vol : le vol battu.

Sert au déplacement. Ici, les ailes engendrent en même temps la propulsion et la portance. C’est à partir de l’aile des oiseaux que l’homme a pu améliorer le vol des avions, puisque ça ne marchait pas toujours, pas bien. En regardant l’aile des oiseaux :

Portance

 

Oiseaux (muscle)/ réacteur Air

 

 

Force de résistance

Poids

Bord d’attaque

 

 

Chemin de l’air passant par le dessus de l’aile plus long que le chemin passant par le dessous de l’aile. Avant de faire cette observation, on avait des ailes toutes droites.

 

Exemple de vol : le colibri

Vol stationnaire. Il est assuré par une rotation de l’aile à sa base (180°), et l’aile est beaucoup plus alourdie dans sa partie antérieure. Quand il vole sur place, il va déplacer la partie lourde en fonction de la correction qu’il doit faire pour rester en vol stationnaire. Le colibri doit manger 6 fois son poids. On a adapté ces rotations pour les palles des hélicoptères.

 

Exemple de vol : Réduction des vibrations

Ptérostigma : cellule du bout de l’aile chez libellules ou fourmillions pour équilibrer et réduire les vibrations. On a utilisé cette observation pour alourdir le bout de l’aile des avions, pour réduire les vibrations. EQUILIBRATION

 

Exemple de vol : Les haltères des diptères

Quand on regarde l’aile des diptères (mouches), la deuxième paire réduite est transformée en tige, dont le bout distal est bourré.

 

 

A= extrémité proximale

A B

B= extrémité distale

 

 

Corps

 

Il y a également des fossettes, qui portent des sensilles (poils) contenant une fibre nerveuse, permettant à la mouche de se maintenir en vol (balancier). Indispensable à la mouche pour voler, aile transformée complètement en système d’équilibre. L’homme utilise ce système dans le gyrotron, dont les vibrations des branches sont entretenues et contrôlées par la mise en place de 2 balanciers à sa base.

 

Exemple de vol : Les Melanophila acuminata (Holarctique, carbonicole)

C’est un coléoptère de la famille des Buprestidae (coléoptères qui se retournent lorsqu’ils sont sur le dos en se cambrant puis en se dé cambrant brusquement pour taper le sol, sauter et se retourner). Il se nourrit de bois brulé. Il détecte un feu à 80 km. Si cet insecte peut détecter le feu à 80 km, c’est qu’il a un détecteur particulier. Un chercheur a pu étudier ce détecteur en prenant des feuilles synthétiques en polyéthylène sensible au rayonnement que perçoit le Melanophila. Ce sont les radiations des flammes que perçoit l’insecte. Le chercheur a pu, en voyant vibrer le système, détecter un feu à 2 m. Il espère arriver bientôt à la détection d’un feu à 10 m. Ceci permettra de détecter un départ de feu de foret.

En Australie, il y a des feux de foret spontanés. Il existe des plantes qui doivent avoir leurs graines brulées pour germer.

 

Exemple de vol : La guerre des ondes entre les chauves souris et les papillons

Les chauves-souris sont insectivores, et emploient un système de radar, émettant un son, et par écholocation arrivent à détecter leurs proies, essentiellement composée de papillons. Le papillon a développé une défense, puisqu’il peut détecter la présence de la chauve-souris à 30m, alors que la chauve-souris détecte la présence du papillon à 6 m. Pour éviter d’être détecté, le papillon a développé une fourrure, un épais tapis de poils qui amorti les sons. Comme il entend la chauve-souris avant, il a le temps de changer de direction, ce qui lui permet d’échapper au prédateur le plus souvent. Mais la chauve-souris a adapté son comportement. Elle ne vole pas en ligne droite, en zigzag. Le papillon qui se fait avoir (moins de 6 m) se laisse tomber pour échapper à la chauve souris. Chez certains papillons, de la famille des Arctiidae, on note l’émission d’ultrasons qui déroutent les chauves-souris, leur faisant croire que ce sont des prédateurs des chauves-souris.

 

Exemple de vol : le vol silencieux des papillons de nuit

Le papillon a développé des poils sur ses ailes, pour faire moins de bruit. La chouette ne fait pas de bruit en volant. La chouette ne fait pas de bruit car elle présente une multitude de crochets sur le bord d’attaque de l’aile, et une longue frange sur le bout, réduisant le bruit. A la NASA, un ingénieur avait trop de bruit, à cause de son ventilateur et de l’extérieur. Il a mis des franges sur les ailes du ventilateur et a fermé les fenêtres, réduisant le bruit. On a utilisé ce système sur les planeurs, pour espionner.

 

Exemple de ? : La thermo détection du crotale

Un crotale mange un rat, peu importe l’endroit où soit le rat. Le crotale a des fossettes entre les yeux. Si on les bouche, le rat ne craint rien. Chaque fossette s’ouvre sur une cavité qui possède une membrane, remplie de cellules nerveuses sensorielles. Elles permettent au crotale d’estimer la température, au millième près. La disposition de ces fossettes permet une détection stéréoscopique. Et cette disposition permet au crotale de voir en relief la proie potentielle, grâce à la chaleur dégagée par la proie. C’est grâce à ce système que l’homme a fabriqué des appareils infrarouges pour voir la nuit.

 

Exemple de ? : La lumière froide des vers luisants

La femelle du vers luisant émet une lumière. Ce sont des Lampyris noctilula. Les femelles sont aptères, et émettent la lumière pour attirer les mâles qui volent. D’autres espèces d’insectes volants émettent de la lumière. Ce sont les lucioles. Le rythme de la lumière diffère suivant les espèces. La lumière se fait dans des glandes, suivant des dégradations enzymatiques.

Eclipse totale de soleil en 2008

L’homme a utilisé ce système dans les phares. Chaque phare du monde a un rythme bien précis de passage de son rayon de lumière. En étudiant la rythmicité des lucioles, on peut en capturer facilement en imitant ces battements de lumière. Il y a un coléoptère Photurius qui émet également de la lumière. Des femelles imitent le code d’autres espèces de façon à attirer les mâles pour les manger. Jimm Lloyd a appelé ces femelles les « femelles fatales ».

 

Exemple de ? : Les protéines élastiques.

L’élastique présentant les propriétés les plus intéressantes et un élastique naturel, présenté par des insectes. Un australien a restitué cette élasticité à environ 99%. Cette protéine est la résiline. Une libellule l’utilise pour se catapulter à une distance de 100 fois sa taille. La puce utilise cette protéine pour sauter à plus de 100 fois sa taille. Cette protéine emmagasine beaucoup d’énergie, restituée lors du saut. Les autres produits élastiques (normaux) sont faits d’élastine (comme chez l’homme).

 

Les insectes ont 2 types d’yeux :

  • les yeux simples : ommatidie (composant œil à facette = ocelle). Utilisé pour la boule à facette. Ce type a été observé aussi pour étudier le ciel.

  • les yeux

 

 

 

 

 

Les Coléoptères Nécrophores

 

 

 

 

Sommaire

Introduction

Morphologie

Biologie

Intérêt

Conclusion

 

Introduction

  1. Définitions

Nécrophore : (Zoologie) Genre d’insectes coléoptères qui creusent la terre pour y enfouir un cadavre d’animal sur lequel ils pondent leurs œufs.

Nécrophage : La nécrophagie est le fait de manger des cadavres (en grec, nékros = mort, phagein = manger).

Pour un animal se nourrissant d’animaux morts, exclusivement ou partiellement, on parlera couramment de charognards. Les vautours et les hyènes sont des exemples de charognards.

Bon nombre d’insectes sont nécrophages. On peut citer parmi eux les mouches (diptères), les nécrophores et les staphylins (coléoptères).

La nécrophagie ne concerne que la consommation d’êtres d’une autre espèce. Lorsque le cadavre est celui d’un membre de la même espèce, il s’agit d’une forme de cannibalisme animal.

  1. Classification

Les Coléoptères nécrophores suivent la systématique suivante :

Embranchement

Euarthropodes

Règne

Animaux

Classe

Insectes

Sous classe

Ptérygotes

Ordre

Coléoptères

Famille

Silphidés

Sous Familles

Silphinés

Necrophorinés

Genre

Necrodes

Silpha

Oeceoptoma

Necrophila

Necrophorus

espèces

Necrodes surinamensis, Necrodes littoralis

 

Silpha lapponica,

Silpha sagax

 

Oeceoptoma ninaequale, Oeceoptoma noveboracensis, Oeceoptoma thoracica

 

Necrophila americana

 

Necrophorus americanus, Necrophorus humator, Necrophorus sayi, Necrophorus interruptus, Necrophorus defodiens, Necrophorus marginatus, Necrophorus orbicolis, Necrophorus pustulatus, Necrophorus tomentosus, Necrophorus vespilloides

 

Il existe bien sûr d’autres espèces, et nous n’en avons énoncé qu’un nombre restreint des plus communément étudiés.

  1. Exemples

Nous prendrons l’exemple de Necrophorus sayi, dont on peut voir la photo en première page, pour étudier la biologie d’un nécrophore, et Necrophorus humator, qui nous permettra de mettre en évidence la morphologie d’un nécrophore.

Morphologie

 

Les Silphidés détruisent et enfouissent les cadavres. Ils ont un corps large, déprimé, ovoïde à petite tête disparaissant presque complètement sous le corselet en forme de bouclier. Ils ont les ailes mésothoraciques (élytres) servant d’étui protecteur aux ailes métathoraciques membraneuses repliées sous ces dernières au repos. Ils ont 6 ou 7 sternites abdominaux visibles ; le 1er est réduit à une pièce latérale bien visible, il est atrophié et divisé par le coxa des pattes métathoraciques (marge postérieure du sternite interrompue). Les antennes sont généralement filiformes, mais le bout est en forme de massue. Ils ont des pièces buccales broyeuses. Le grand prothorax est mobile sur le ptérothorax. Ils n’ont pas d’oblongum. La suture notopleurale est non visible. Les larves ont des urogomphes. Les nymphes sont de type pupa libera. Les pattes des larves à 5 articles

 

 

Biologie

Les coléoptères nécrophores sont à classer dans la case très peu remplie des insectes qui s’occupent de leur progéniture. En effet, l’adulte nécrophore a la lourd tache de nourrir ses petits, et il s’en acquitte.

Le Necrophorus sayi se nourrit essentiellement de cadavres de souris. Le couple, dont la femelle est enceinte, cherche un cadavre d’animal. Ils le repèrent grâce à leur odorat développé, sentant la décomposition et l’odeur d’ammoniac. En effet, ces coléoptères font partie de la 5ème escouade, et sont donc attirés par cette décomposition à odeur d’ammoniac.

Une fois le cadavre trouvé, le couple se lance dans un ouvrage peu commun : il enterre le cadavre. Pour cela, il creuse tout autour dans le sol, et une fois enterré, le couple découpe la carcasse en petites boules qu’ils enduisent d’une sécrétion pour conserver le cadavre de la décomposition.

La femelle a alors le champ libre pour pondre ses œufs autour des restes de cadavres débités. A l’éclosion, les larves s’insinuent dans des crevasses dans les boules de viandes, crevasses creusées par la mère. Elles peuvent alors se nourrir d’un liquide régurgité par la mère, dans un premier temps, puis manger directement sur le cadavre dans un deuxième temps.

La femelle a encore un rôle à jouer, puisqu’elle doit défendre ses petits des possibles attaques d’autres nécrophages ou nécrophiles. Au bout de 5 à 8 jours que les larves mangent, elles complètent leur croissance est sont alors prêtes à se transformer en nymphes. Dans le cas où les larves n’auraient pas mangé tout le cadavre, il est possible pour la femelle de pondre de nouveaux œufs autour des restes.

Adulte

Enfouissement du cadavre

Nymphe Décomposition

Ponte

 

 

 

 

Larves

Le comportement de ces parents vis-à-vis de la protection et la nutrition de leur progéniture ne se voit habituellement que dans les sociétés d’insectes hautement développées, comme chez les guêpes, les termites, les fourmis ou les abeilles.

 

Intérêt

  1. Intérêt pour la nature

Les Nécrophores sont très utiles pour la nature. En effet, ils se nourrissent essentiellement de cadavres d’animaux, et donc sont un maillon important de la chaine alimentaire. Ils débarrassent la nature de ses déchets, et renouvellent la matière organique morte, en la transformant en matière organique vivante.

Ils sont donc des éléments clés pour l’entretient de la nature et de la vie.

  1. Intérêt pour l’homme

Les Nécrophores sont aussi très utiles à l’homme, puisqu’ils sont utilisés en entomologie forensique et en médecine légale. En effet, ils font partie de la 5ème escouade. Sachant cela, et connaissant leur cycle de reproduction et de développement, on peut les utiliser en les trouvant sur un cadavre et ainsi dater un cadavre. Ils arrivent sur un cadavre en décomposition depuis environ 4 à 8 mois, et en étudiant leur cycle, à partir de larves et des conditions environnementales du cadavre, on peut trouver le temps d’un cycle. A partir de cela, on peut remonter jusqu’à une date approximative de mort du cadavre.

Ils sont donc des éléments déterminants pour l’entomologie forensique et la médecine légale.

Conclusion

Pour conclure, on a vu que les Coléoptères Nécrophores sont divisés en 2 familles très proches, et sont composés de nombreuses espèces.

Ils ont des caractéristiques morphologiques bien spécifiques et adaptées à leurs modes de vie.

Ils présentent une biologie hors du commun pour des insectes de cette catégorie, protégeant et nourrissant leur progéniture.

Ce sont des éléments clés pour la nature aussi bien que pour l’homme.

 

Behavior of Calliphora vicina (Diptera, Calliphoridae) Under Extreme Conditions


 

J. Faucherre,1,2 D. Cherix,1,2,4 and C. Wyss3

KEY WORM: Calliphora vicina; blownies; forensic entomology; oviposition; activity.

If a dead human body is left exposed above the ground it will attract blowflies, which will rapidly lay eggs. The maggots found may contrebute to police inves­tigation in several ways. One of them is the estimate of postmortem interval (PMI) (see Greenberg, 1991; Erzinçlioglu, 1996). But as discussed by different authors (e.g., Erzinçlioglu, 1996), we are missing data about several aspects such as flight activity and egg-laying behavior under extreme conditions.

Temperature is one of the most important factors affecting fly oviposition activity and rate of larval development. It is generally accepted that activity of necrophagous flues stops below an air temperature of 10°C (Williams, 1984) or 12°C (Erzinçlioglu, 1996). Nevertheless, some authors showed that during the cold season, sun is probably more important than ambiant air temperature (see Green, 1951; Nuorteva, 1965; Greenberg, 1973). Deonier (1940) indicated that Calliphora spp. were active ai a minimum of 1.7°C with the usual minimum being between 4.5 and 10°C. Nuorteva (1959) found that Calliphora vicina and C. vomitoria were active when exposed to sun with an air temperature mea­sured in the shade of 5-6°C (a typical winter situation). Moreover, during win­ter, most of the captured species belongs to the genus Calliphora (Wyss, 1997; C. Wyss, personal observation). Some of these species seem more cold-adapted than species of Lucilia. Meyer and Schaub (1973) demonstrated that Calliphora species had a higher metabolic rate for identical temperatures compared to warm­adapted species (see also Greenberg, 1991). According to Greenberg (1991) this

‘Museum of Zoology, Palais de Rumine, P.O. Box 448, 1000 Lausanne 17, Switzerland.

2 Institute of Ecology, University of Lausanne, Biology Building, 1015 Lausanne, Switzerland. 3Criminal Police, Centre Blécherette, 1014 Lausanne, Switzerland.

4To whom correspondence should be addressed. Fax: 41 21 316 34 79. e-mail: daniel.cherix@ie­zea. un il .ch.

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could be responsible for the lower-limit activity of Calliphora (2.5-4°C) com­pared to l.ucilia sericata (10-12.5°C). But flight activity and oviposition are also dependent on other factors. Generally, blowflies are not active and do not lay eggs at night or during bad weather (Greenberg, 1985; Catts, 1992; Erzinçlioglu, 1996). Nevertheless, some species have been found to lay eggs during the day in shady or dark places such as chimneys and cellars (Erzinçlioglu, 1996) or in car trunks (Greenberg, 1990). Observations made by Green (1951) and Greenberg (1990) showed, however, that some species such as L sericata, C. vicina, and Phormia regina could be active at night.

The literature about the influence of temperature on larval development is quite abundant, but there are surprisingly few studies on egg-laying and larval development at low temperatures. It has been said that eggs of C. vicina will not hatch at or below 4 ‘C (Nielsen and Nielsen, 1946). But Davies and Ratcliffe (1994) indicated that complete larval development was possible at 5°C and that embryo­genesis started even at 3.5°C. This research was conducted under laboratory con­ditions where flics were allowed to oviposit at higher temperatures (17-20°C).

We report here a case where C vicina was able to fly and oviposit under extreme conditions.

The body of a 77-year-old male was discovered on 25 July 1997, 18 days alter being reported missing, in a 10-m-deep cave located in a forest, in the Swiss Jura mountains at an altitude of 1260 m. He was tying on his back and dressed without visible injuries. The location of the body in the cave was in total darkness and the ambient temperature was constant (5°C). Following the local investigations made by the police, the body was carried to the Institute of Forensic Medicine (University of Lausanne) and kept for 3 days in a cold room (4°C) until postmortem investigations started. At that time, we collected several batches of eggs (a total of about 70) on the top of the head and in the mouth. Reared under laboratory conditions (26°C, 70% RH), the first eggs hatched about 6 h later and all reached the adult stage (see Fig. 1) and belonged to C vicina, a common blowfly in Europe (Rognes, 1991). The autopsy of the corpse could not estimate the day of death but revealed that death was due to an epidural ematoma subsequent to the downfall.

In order to demonstrate that blowflies were able to fly and lay eggs in this cave and to estimate the PMI, on 12 August (Day 1, fig. 1) we placed, at the previous body location, 1.5 kg of fresh meat and 1 kg of pork liver. We also recorded temperatures close to the meat. The bait was checked each day to detect the presence of eggs. On 23 August (day 12), the first eggs were found (about 50). They were left for 6 days, corresponding to the same interval of 18 days between the disappearance of the victim and his discovery, and then transported and Ieft another 3 days in the cold room at the institute. Afterward, eggs were collected and reared as mentioned above. The first eggs hatched the same day, corresponding to day 21. All emerged adults belonged to C. vicina.

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21

Days

Fig. I. Succession of the main events.

Comparing both set of data, we have good evidence that the man died the day he was reported missing (8/7/97) or 1 day later. This assumption is sup­ported on the following bases. First, according to Davies and Ratcliffe (1994), eggs of C. vicina need about 9 days at 5°C to hatch. We can reasonably assume that the mean temperature supported by eggs during the case study was about 5-5.5°C. Therefore from 28 July (hatching day), we cut off 9 days and estimated the egg-laying day as the 19th. Second, in our experiment 12 days was needed to attract blowflies to the hait. This delayed attractivity of our bait is due partly to the low-temperature limiting decomposition. Cutting 12 days off the egg-lay­ing day we get 8 July. This is exactly what the results of our experimental case showed.

This brings new limits to forensic entomology because, as mentioned pre­viously, it was generally assumed that blowflies did not fly and lay eggs under 10-12°C and normally not in total darkness. But females were nevertheless

 

attracted to the corpse or the bait, coming from outside and flying downward about IO m until they reached the substrate. We suppose that the higher metabolic rate of C. vicina and the heat stored by sunlight could explain the possibility of entering a cold cave to oviposit. However, in a sertes of experiments done under laboratory conditions with C. vicina, when females (collected in winter) were left at different temperatures, ranging from 5 to 21°C, they stopped ovipositing at about 8°C (unpublished).

ACKNOWLEDGMENTS

We would like to express our thanks to Dr. B. Merz for comments on the manuscript.

REFERENCES

Catts, E. P. (1992). Problems in estimating the postmortem interval in death investigations. J. Agr. EntomoL 9: 245-255.

Davies, L., and Ratcliffe. G. G. (1994). Development rates of some pre-adult stages in blowflies with reference to low temperatures. Med. Vet Ent. 8: 245-254.

Deonier, C. C. (1940). Carcass temperatures and their relation to winter blowfly populations and activity in the Southwest. J. Econ. EntomoL 33: 166-170.

Erzinçlioglu, Y. Z. (1996). Blowflies, Naturaliste Handbook 23, Richmond.

Green, A. A. (1951). The control of blow files infesting slaughter bouses. 1. Field observations of the habits of blow flics. Ann. AppL Bial. 38: 475-494.

Greenberg, B. (1973). Flies and Disease, Vol. 2, Princeton University Press, Princeton, NJ. Greenberg, B. (1985). Forensic entomology: Case studies. Bull. EntomoL Soc. Am. 31: 25-28. Greenberg, B. (1990). Noctural oviposition behavior of blow flics (Diptera: Calliphoridae). J. Med.

EntomoL 27: 807-810.

Greenberg, B. (1991). Flics as forensic indicators. J. Med. EntomoL 28: 565-577.

Meyer, S. G. E., and Schaub, G. (1973). Der respiratorische Stoffwechsel von Calliphoridenlarven

in Beziehung zu Temperaturadaption und Regulation. J. Insect Physiol. 19: 2183-2198.
Nielsen, B. O., and Nielsen, S. A. (1946). Schmeissfliegen (Calliphoridae) und vakuumverpackter

Schinken. Anzeiger Schadlingsk. Pflanzen Umweltschutz 49: 113-115.

Nuorteva, P. (1959). Studies on the significance of flics in the transmission of poliomyelitis. The composition of the blowfly fauna in different parts of Finland during the year 1958. Ann. Ento­mol. Fenn. 25: 137-162.

Nuoneva, P. (1965). The flying activity of blowflies (Dipt., Calliphoridae) in subarctic conditions. Ann. Entomol. Fenn. 31: 242-245.

Rognes, K. (1991). Blowflies (Diptera, Calliphoridae) of Fennoscandia and Denmark, Vol. 24, E. J. Brill/Scandinavian Science Press.

Williams, H. (1984). A model for the aging of fly larvae in forensic entomology. Forens. Sel. Int. 25: 191-199.

Wyss, C. (1997). Forensic entomology in Lausanne (CH). Oistros 5: 2-5.

Coléoptères Silphidae


 

Position systématique

 

Classe : I nsecta

Ordre : Coleoptera Famille : Silphidae

 

Présentation générale du groupe taxonomique

La famille des Silphidae fait partie de la superfamille des Staphylinoidea et se compose d’espèces pour la plupart nécrophages.

Ce sont des coléoptères de taille moyenne à grande, qui se distinguent des autres coléoptères par leurs élytres qui ne recouvrent pas complètement l’abdomen, laissant ainsi à découvert les derniers tergites. Les espèces sont généralement ternes et noires ou brunes, sauf certains Nicrophorus, dont les élytres sont ornés de taches orangées. Les pattes et mandibules sont extrêmement puissantes. Elles permettent à l’insecte de traîner des cadavres sur des distances importantes à son échelle, et de creuser des trous dans le sol pour les enfouir.

En Europe occidentale, cette famille regroupe trois sous-familles : les Nicrophorinae, les Silphinae et les Agyrtinae. Elles présentent des mœurs assez semblables, mais des particularités éthologiques et morphologiques permettent de les différencier facilement.

La plupart des représentants de la famille des Silphidae se nourrissent de cadavres (matières animales putréfiées : mammifères, oiseaux, reptiles, etc.). Ils occupent ainsi une place particulière dans les écosystèmes forestiers et agricoles en intervenant dans la transformation des matières mortes en matières humiques. La plupart des espèces sont donc nécrophages, mais quelques-unes sont des prédateurs d’escargots ou sont phytophages. Ces insectes sont récemment et fréquemment utilisés en criminologie pour dater la mort de cadavres humains.

Les espèces occupent généralement des niches écologiques différentes pour éviter une trop forte concurrence vis-à-vis de leurs ressources alimentaires.

Eléments de biologie et d’écologie

Les Nicrophorinae, très bons voiliers, se rencontrent souvent isolés ou par couple sur une dépouille : les premiers individus de chaque sexe arrivant près d’un cadavre le défendent en chassant les autres arrivants. Les nécrophores se glissent ensuite sous le cadavre et l’enfouissent. L’accouplement a lieu généralement sur le cadavre. Très rapidement, la femelle creuse une cavité souterraine où elle va accumuler des morceaux de chair putréfiée sous forme de sphères soigneusement malaxées. Elle pond ensuite ses œufs dans une galerie adjacente. La femelle reste dans la galerie et nourrit les larves pendant un certain temps à l’aide de nourriture régurgitée. Les larves se nymphosent dans des cellules individuelles creusées à proximité de la loge où elles se sont nourries.

Ces insectes sont généralement considérés comme des saprophages, mais certaines espèces sont nettement carnivores et se nourrissent de larves d’insectes (de mouches notamment) qui vivent à l’intérieur et sur les cadavres.

 

Les représentants de la sous-famille des Silphinae présentent un comportement semblable aux Nicrophorinae, sauf qu’ils ne fabriquent pas de structure spéciale pour enterrer les cadavres. Morphologiquement plus élancées, les silphes chassent les escargots en s’introduisant dans leur coquille. Les adultes et les larves se rencontrent ainsi sous les cadavres d’escargots. Quelques espèces de Siphinae, comme Silpha undata et Silpha opaca, sont phytophages et peuvent occasionner de graves dommages aux feuilles et aux racines de certaines plantes, en particulier les betteraves.

Enfin, le comportement des espèces de la sous-famille des Agyrtinae est moins bien connu que celui des autres. Ces espèces consomment des escargots, mais aussi des cadavres ou des champignons en décomposition. Agyrtes castaneus, considérée comme carnassière et commensale, est myrmécophile : elle consomme des larves de diptères pendant la période d’activité et passe l’hiver dans les fourmilières.

Relativement fréquentes, les espèces de Silphidae ne peuvent caractériser un milieu spécifique ou son évolution, mis à part le fait qu’une espèce soit plutôt forestière ou plutôt agricole. Les Silphidés ne peuvent donc être utilisés comme bio-indicateurs, contrairement aux Carabes et aux Longicornes par exemple. Leur présence peut en revanche être le signe d’un milieu équilibré et riche en micro-mammifères, ces derniers étant à la base du régime alimentaire de nombreux prédateurs (rapaces, renards, mustélidés, …).

Méthodes de capture et d’identification

Du fait de leur régime alimentaire, les Silphidae peuvent être trouvés sur les cadavres (micro-mammifères, oiseaux, etc.). Pour les attirer, des appâts de viande peuvent être utilisés. Très attirés par l’odeur de putréfaction, beaucoup de Nicrophorus peuvent également tomber dans les pièges enterrés et les pièges jaunes où se sont noyés rongeurs et insectes.

Les espèces du genre Silpha sont à rechercher dans les coquilles vides d’escargots, où elles se cachent souvent après leur repas. En période hivernale, elles sont plutôt à rechercher sous l’écorce des troncs abattus ou sous les tas de bois. Ces espèces (sauf Silpha quadripunctata, qui vit surtout dans la canopée) se rencontrent surtout en milieu ouvert (cultures, jachères, lisières de forêt…) où les proies vivantes sont plus nombreuses.

L’identification des Silphidae nécessite une loupe binoculaire (grossissement x50 au moins). Elle est basée sur les couleurs générales de l’insecte, la couleur des antennes, la forme de la tête et des tibias, à la pilosité de l’abdomen et du thorax et à la sculpture des élytres (ponctuations, …).

 

Nombre de taxons connus par département

Pays de la
Loire
44 49 53 72 85 France
24 21 23 11 19 14 29

 

Références bibliographiques principales Détermination et répartition française

[NB : Les publications de Debreuil constituent à ce jour les documents de référence en matière d’identification]

DEBREUIL, 2003. Contribution à la connaissance de la famille des Sylphidae Latreille 1807 (Coleoptera Staphylinoidea) (1ère partie). Détermination et biogéographie. Rutilans 2003, VI-2.

DEBREUIL, 2003. Contribution à la connaissance de la famille des Sylphidae Latreille 1807 (Coleoptera Staphylinoidea) (2ème partie). Rutilans 2003, VI-3.

DEBREUIL, 2004. Contribution à la connaissance de la famille des Sylphidae Latreille 1807 (Coleoptera Staphylinoidea) (3ème partie). Rutilans 2004, VII-1.

DEBREUIL, 2004. Contribution à la connaissance de la famille des Sylphidae Latreille 1807 (Coleoptera Staphylinoidea) (4ème partie). Détermination et biogéographie. Rutilans 2004, VII-2.

DEBREUIL, 2004. Contribution à la connaissance de la famille des Sylphidae Latreille 1807 (Coleoptera Staphylinoidea) (5ème partie, addenda) Détermination et biogéographie. Rutilans 2004, VII-3.

HASTIR P. & GASPARD Ch., 2001. Diagnose d’une famille de fossoyeurs: les Silphidae. Notes faunistiques de Gembloux 44 : 13-25.

Biologie et écologie

HASTIR P., 2002. Une famille de fossoyeurs : les Silphidae. Forêt Wallonne n°59, juillet-août 2002 : 2 -8.

HASTIR P. & GASPARD Ch., 2001. Diagnose d’une famille de fossoyeurs: les Silphidae. Notes faunistiques de Gembloux 44 : 13-25.

PORTEVIN G., 1926. Encyclopédie entomologique. Tome VI. Les grands nécrophages du globe. Édition Lechevalier, Paris, 6, 270 pp.

Références bibliographiques régionales

ABOT G., 1928. Catalogue des Coléoptères observés dans le Maine-et-Loire. Ed. Boubée, Paris, 386 p.

MONGUILLON M., 1936. Supplément au catalogue des coléoptères de la Sarthe, Ed. Société d’Agriculture Sciences et Arts de la Sarthe.

MONGUILLON M., 1928. Catalogue des coléoptères de la Sarthe, Ed. Société d’Agriculture Sciences et Arts de la Sarthe.

PAULIAN R., 1934. Catalogue des coléoptères de l’Ile d’Yeu. Bulletin de la SSNOF, Tome IV, n°1-4, 7-145. PENEAU J., 1906-1913. Coléoptères de la Loire Inférieure. Bulletins de la SSNOF.

Revues, bulletins et autres ouvrages périodiques spécialisés

Il n’existe pas de périodique portant uniquement sur les Silphidae, mais sur les Coléoptères en général : • Bulletin de l’ACOREP (Association de Coléoptéristes de le Région Parisienne)

 

RUTILANS (Association de coléoptéristes amateurs de France)

Atlas ou suivis en cours Aucun.

Collections de référence

ü  Collection du Muséum National d’Histoire Naturelle

ü  Collection P. Gallou, Muséum de Chartres

   
Rédaction de la fiche : Floriane Karas / Contributeur : Marc Debreuil /version mars 2009

 

Listes départementales préliminaires des Coléoptères Silphidae
des Pays de la Loire / version mars 2009

Taxonomie : Fauna Europaea / Classement par ordre alphabétique des espèces

: Espèce ayant fait l’objet d’au moins une donnée contemporaine (>1970)

: Espèce ayant fait l’objet d’au moins une donnée historique (≤1970) et non observée depuis

Sous-famille Genre espèce Auteur 44 49 53 72 85
Silphinae Ablattaria laevigata (Fabricius, 1775) 1 h   h 1
Silphinae Aclypea opaca (Linnaeus, 1758) h h      
Silphinae Aclypea undata (O. F. Müller, 1776) h h   h  
Agyrtinae Agyrtes bicolor Laporte de Castelnau 1840   h   h  
Agyrtinae Agyrtes castaneus (Fabricius 1792) h h   h  
Silphinae Dendroxena quadrimaculata (Scopoli, 1772) 1 1 1 1 1
Silphinae Necrodes littoralis (Linnaeus, 1758) 1 1 1   1
Nicrophorinae Nicrophorus germanicus (Linnaeus, 1758) h h   h 1
Nicrophorinae Nicrophorus humator (Gleditsch, 1767) 1 h 1 h 1
Nicrophorinae Nicrophorus interruptus Stephens, 1830 1 1 1 h  
Nicrophorinae Nicrophorus investigator Zetterstedt, 1824 h   1    
Nicrophorinae Nicrophorus sepultor Charpentier, 1825   h      
Nicrophorinae Nicrophorus vespillo (Linnaeus, 1758) 1 h 1 1 1
Nicrophorinae Nicrophorus vespilloides Herbst, 1783 1 h 1 h 1
Nicrophorinae Nicrophorus vestigator Herschel, 1807 1 h   1 1
Silphinae Oiceoptoma thoracicum (Linnaeus, 1758) 1 h 1 1 1
Silphinae Phosphuga atrata (Linnaeus, 1758) 1 1 1 1 1
Silphinae Silpha carinata Herbst, 1783 1 1   1 1
Silphinae Silpha obscura Linnaeus, 1758 1 h   h 1
Silphinae Silpha olivieri Bedel, 1887 h h   h  
Silphinae Silpha tristis Illiger, 1798 1 1 1    
Silphinae Thanatophilus dispar (Herbst, 1793)   h   1  
Silphinae Thanatophilus rugosus (Linnaeus, 1758) 1 1   h 1
Silphinae Thanatophilus sinuatus (Fabricius, 1775) 1 1 1 h 1
  Total 21 23 11 19 14

 

Données non publiées :

Yannick BARRIER Alain SADORGE

Bibliographie compilée :

ABOT G., 1928. Catalogue des Coléoptères observés dans le Maine-et-Loire. Ed. Boubée, Paris, 386 p.

BRUNEL E., 1998. Etude de l’entomofaune du Mont Souprat et de la Corniche de Pail (Mont des Avaloirs, mayenne). Biotopes 53 n°1 6, p25-58.

CHARRIER M., 2006. Catalogue-mémoire de données diverses. Bulletin Mauges Nature n°79, 2006, p. 2- 6.

DEBREUIL, 2004a. Contribution à la connaissance de la famille des Sylphidae Latreille 1807 (Coleoptera Staphylinoidea) (3ème partie). Rutilans 2004, VII-1.

ENTOMOLOGIE MEDICO-LEGALE


  • Caractéristiques biologiques des insectes

Les insectes constituent une classe appartenant à l’embranchement des arthropodes (invertébrés au corps et aux appendices recouverts d’une carapace articulée), qui comprend entre autre les classes des crustacés, des myriapodes et des arachnides.

Avec environ un million d’espèces connues et probablement autant à découvrir, la classe des insectes représente à elle seule environ 80% de l’ensemble des espèces animales.

Cette supériorité numérique peut être expliquée par un certain nombre d’adaptations remarquables : les insectes sont les seuls invertébrés capables de voler, ce qui facilite leur dispersion. Leur petite taille leur permet d’occuper des biotopes restreints et rend aisée la respiration qui se fait par diffusion passive de l’air dans les trachées. Les régimes alimentaires des insectes sont extrêmement variés : végétaux, bois, sève, racines, humus, bactéries, champignons, animaux, sang, détritus, cadavres, etc… Des adaptations poussées sont visibles au niveau des pièces buccales : types broyeur, piqueur, suceur, lécheur, etc… Les insectes sont présents dans quasiment toutes les zones géographiques ; ils peuvent entrer en quiescence ou en diapause (arrêts momentanés du développement) pour résister aux conditions de vie défavorables. Le taux de reproduction est important chez la plupart des espèces, la survie des populations étant accrue par le mécanisme de la métamorphose : une larve, ayant un mode de vie et une alimentation donnée, se transforme en adulte (imago) exploitant une niche écologique différente. Les insectes jouent un rôle écologique très important, en tant que prédateurs, source alimentaire pour la plupart des autres animaux et même de certaines plantes, en tant que pollinisateurs des plantes à fleurs, et enfin dans la décomposition des matières animales et végétales mortes. Dans tous les écosystèmes, ce sont les principaux responsables de la décomposition et de l’élimination des cadavres.

  • Anatomie des insectes
  • Malgré des variations importantes dans la forme et la taille, les insectes présentent tous un ensemble de caractères communs : Le corps des insectes est divisé en trois parties : la tête, le thorax et l’abdomen. La tête porte les organes sensoriels (yeux, ocelles, antennes) ainsi que les pièces buccales. Le thorax est lui-même divisé en trois parties (prothorax, mésothorax, metathorax) portant chacune une paire de pattes. Les insectes sont donc hexapodes. Le thorax porte également deux paires d’ailes, qui sont membraneuses ou cornées, et qui dans certains cas peuvent avoir régressé. L’abdomen est la seule partie du corps qui soit nettement métamérisée. Il est souvent prolongé par des cerques ou par des organes de ponte ou de défense.
  • Pourquoi des insectes sur un cadavre ?

A l’instar des insectes coprophages et autres saprophages, les insectes nécrophages sont des détritivores. Ils interviennent au sein des écosystèmes de façon primordiale dans le recyclage de la matière. Associés aux décomposeurs (bactéries, champignons et protozoaires), ils conduisent à la reminéralisation des matières organiques et remettent ainsi les éléments nutritifs à la disposition des végétaux. Ils agissent comme des  » éboueurs bénévoles  » et jouent un rôle considérable dans l’élimination des déchets. Le cadavre peut donc être assimilé à un milieu au sens écologique du terme, milieu dans lequel vont se succéder les différentes espèces nécrophiles. On distingue quatre catégories écologiques d’insectes des cadavres selon leur régime alimentaire :

  • · Les espèces nécrophages : elles se nourrissent exclusivement des tissus cadavériques et sont donc les insectes les plus utilisés pour la datation de la mort.
  • · Les prédateurs et parasites des espèces nécrophages : ont également une grande importance car leur activité dépend étroitement de celle des insectes nécrophages.
  • · Les espèces omnivores : elles se nourrissent à la fois des tissus cadavériques et des autres insectes.
  • · Les espèces opportunistes : utilisent le corps comme un élément physique de l’environnement (le plus souvent comme un abris).
  • Cycles de développement

Le cycle de développement correspond à la succession des stades larvaires, puis à la métamorphose préalable à l’apparition de l’adulte. Il existe deux types de cycles de développement chez les insectes :

  • Les insectes inférieurs présentent une métamorphose incomplète (hémimétaboles, exoptérygotes) :
    A l’éclosion, la larve est déjà la réplique de l’adulte en miniature et a souvent le même mode de vie. Elle va subir un certain nombre de mues, au cours desquelles sa taille augmente ainsi que la longueur des ailes. A l’issue de la dernière mue (mue imaginale), l’insecte devient adulte en faisant l’acquisition d’ailes fonctionnelles et de capacité de reproduction. Dans ce type de développement larves et adultes occupent la même niche écologique.
  • Les insectes à métamorphose complète (holométaboles, endoptérygotes) :
    A l’éclosion les larves sont très différentes de l’insecte adulte et ont un autre mode de vie. On parlera de larve apode (type asticot), de larve éruciforme (type chenille), de larve campodéiforme (type ver de farine = larve de ténébrion), ou encore de larve mélolonthoïde (ver blanc = larve de hanneton). Ces larves peuvent être phytophages ou carnassières. Après un certain nombre de mues, la larve va s’immobiliser et se transformer en nymphe, stade pendant lequel a lieu la métamorphose. Cette nymphe peut être protégée dans un cocon ou enterrée, ou encore à l’intérieur de la dernière mue larvaire sclérifiée (pupe des Diptères supérieurs). A l’issue de la nymphose, l’adulte présente une anatomie, un mode de vie et une alimentation radicalement différents de ceux de la larve.
  • Systématique

La classe des insectes est divisée en une trentaine d’ordres. Quatre ordres (Thysanoures, Diploures, Protoures, Collemboles) constituent la sous-classe des Aptérygotes, insectes de petite taille, présentant des caractères primitifs et n’ayant jamais possédé d’ailes au cours de leur évolution. Les autres ordres, donc la grande majorité des insectes, constituent la sous-classe des Ptérygotes, que l’on divise en deux groupes : les insectes à métamorphose incomplète (hémimétaboles ou exoptérygotes) et les insectes à métamorphose complète (holométaboles ou endoptérygotes).
Le tableau suivant présente une liste des ordres constituant la classe des insectes avec quelques exemples caractéristiques :

Ordre Exemple
APTÉRYGOTES Thysanura Thysanoures (poissons d’argent et alliés)
Diplura Diploures
Protura Protoures
Collembola Collemboles
PTERYGOTES Exoptérygotes Ephemeroptera Ephémères
Odonata Libellules
Plecoptera Plécoptères (perles)
Orthoptera Sauterelles, grillons …
Phasmoptera Phasmes
Dermaptera Perce-oreilles (ou forficules)
Embioptera Embioptères
Blattoptera Blattes
Mantoptera Mantes
Isoptera Termites
Psocoptera Psoques ou poux des livres
Mallophaga Poux des oiseaux (tous aptères)
Anoplura Poux (tous aptères)
Heteroptera Punaises
Homoptera Cigales, pucerons, cochenilles
Thysanoptera Thrips
Endoptérygotes
Neuroptera Névroptères (chrysopes)
Mecoptera Panorpes (mouches, scorpions)
Lepidoptera Papillons
Trichoptera Phryganes
Diptera Mouches, moustiques …
Siphonaptera Puces (tous aptères)
Hymenoptera Abeilles, guêpes, fourmis …
Strepsiptera Strepsiptères
Coleoptera Hanneton, coccinelles …

La grande majorité des insectes nécrophages appartient aux ordres des Diptères, des Coléoptères et des Lépidoptères.

  • Historique de l’entomologie médico-légale

L’utilisation de l’entomologie à des fins médico-légales n’est pas récente. Au treizième siècle déjà, un manuel chinois de médecine légale cite un cas d’utilisation d’insectes dans une enquête : à la suite d’un meurtre par coups de faucille, les fermiers d’un village furent rassemblés et durent chacun déposer leur faucille à leurs pieds. Les mouches, attirées par le sang, ne se posèrent que sur une seule faucille, désignant ainsi le coupable. Plus classiquement, on attribue la première utilisation de cette méthode au docteur Bergeret, en 1850, à Arbois. Celui-ci étudia les insectes présents sur le corps d’un nouveau-né découvert derrière une cheminée. Il y trouva deux groupes d’insectes nécrophages : des chenilles de mites et des larves de mouches du genre Sarcophaga. Il estima que les pontes des mites avaient eu lieu en 1849 et celles des mouches en 1848. On a donc suspecté les habitants qui se trouvaient dans cette maison en 1848. En 1894, Mégnin, entomologiste au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, écrit un ouvrage traitant de cette application dans les expertises médico-légales. Cet ouvrage a servi de base à toutes les études ultérieures dans ce domaine et reste encore aujourd’hui une référence. Il faudra attendre 1949, mais surtout les années 1970 pour voir apparaître des travaux réalisés par quelques spécialistes en Europe (Marcel Leclercq en Belgique; Pekka Nuorteva en Finlande, Kenneth G.V. Smith en Grande Bretagne) et aux Etats-Unis (M. Lee Goff à Hawaii).

  • Principes de la datation de la mort par la méthode entomologique :

Nous pouvons dans un souci de simplification distinguer la datation à court terme de la datation à long terme :

Datation à court terme : repose sur la connaissance des cycles de développement des espèces et des facteurs qui influencent ce développement.

Datation à long terme : repose sur la reconstitution de l’activité et la succession des différentes espèces au cours de la décomposition.

Datation à court terme :

Elle est fondée sur la connaissance précise des cycles de développement des insectes nécrophages et des variations engendrées par les diverses conditions écologiques, et en particulier la température et l’hygrométrie. Dans des conditions équivalentes, chaque espèce d’insecte présente des durées particulières pour chacun des stades de développement.

Classiquement, le développement d’un insecte nécrophage est de type holométabole, c’est à dire qu’il est divisé en quatre phases distinctes : l’œuf, la larve, la nymphe et l’adulte ou imago.

Exemple : le cycle de développement des Diptères Calliphoridae (Mouches bleues de la viande) :

a. Ponte-période embryonnaire

Chez les Calliphoridae nécrophages, les femelles déposent leurs œufs en priorité sur les blessures ou, si celles-ci sont absentes, dans les orifices naturels. Les œufs, en forme de banane, de couleur blanc-jaunâtre, mesurant de 1 à 2 mm de long, sont déposés par paquets d’une dizaine à plusieurs centaines. La femelle pond parfois profondément dans le substrat grâce à son oviscapte.

b. croissance larvaire

La durée d’incubation des œufs est très étroitement dépendante de la température. Elle peut ainsi varier d’une dizaine à une centaine d’heures. La période larvaire est essentiellement une période de nutrition. Une réserve alimentaire importante se constitue sous la forme de nappes de tissu graisseux. La larve passe successivement par trois stades, séparés chacun par une mue. Le premier stade larvaire est le plus court, une quinzaine d’heures maximum. Les jeunes larves cherchent immédiatement à pénétrer dans les tissus sous-cutanés. Le second stade larvaire est un peu plus long. Le troisième stade dure plusieurs jours et se termine par une période pendant laquelle la larve cesse de se nourrir, quitte le substrat nourricier et recherche un site favorable à la pupaison (on parle alors de prépupe). Anatomiquement, les trois stades larvaires se différencient par la morphologie de leurs stigmates respiratoires. Au premier stade, la larve ne possède qu’une paire de stigmates situés sur le dernier segment. A partir du deuxième stade, il y a apparition d’une deuxième paire de stigmates sur le prothorax. A ce deuxième stade les stigmates postérieurs présentent deux fentes, alors qu’au troisième stade, ces mêmes stigmates en présentent trois.

c. Phase pupale

Après avoir cessé de s’alimenter, les larves, alors appelées prépupes, quittent le corps et recherchent un site favorable à la pupaison. Elles s’enterrent la plupart du temps à quelques mètres du cadavre mais peuvent dans certains cas (carrelage d’une habitation) parcourir jusqu’à 30 mètres. Chez beaucoup d’espèces, la pupaison a lieu à 2 ou 3 cm de profondeur. A ce moment, la cuticule de la larve se contracte puis se sclérifie en brunissant pour former la pupe (enveloppe rigide protégeant la nymphe). La vitesse de la métamorphose est proportionelle à la température.

d. Emergence des adultes – période imaginale

Le début de cette période est marqué par l’ouverture du puparium. Le jeune imago provoque cette ouverture par des gonflements répétés de son sac frontal ou ptilinum. Il est alors capable de mouvements de reptation rappelant ceux de la larve, lui permettant de traverser le substrat sous lequel il émerge. Juste après l’émergence, les téguments sont mous et peu pigmentés. Rapidement, le corps augmente de volume par remplissage des sacs trachéens et les ailes s’étalent. Les téguments durcissent et prennent leur teinte définitive. La mouche présente alors déjà sa forme caractéristique bien que certains organes doivent encore achever leur maturation. Dans les conditions optimales (température, alimentation protéique suffisante), les femelles sont capables de pondre une semaine après leur émergence.

Datation à long terme :

Il s’agit de reconstituer l’histoire de la colonisation du corps par les insectes. Différentes tentatives de schématisation existent ; elles consistent à diviser la communauté d’insectes nécrophiles en vagues ou escouades se succédant dans des conditions normales sur le cadavre. Ainsi, Mégnin, en 1894, a réparti les arthropodes rencontrés sur les cadavres humains en huit escouades colonisant le corps au fur et à mesure de sa décomposition. Il existe cependant des chevauchements d’escouades, leur activité étant dépendante des modifications du substrat, des conditions météorologiques, de la taille et de la situation du corps. De même, certaines escouades peuvent manquer, ce qui apporte d’autres information aux enquêteurs.

Les huit escouades d’insectes nécrophages en Europe :

Durant les trois premiers mois :

Les insectes de la première escouade sont attirés sur le cadavre immédiatement après la mort, alors qu’aucune odeur ne se fait encore sentir. Ce sont des Diptères appartenant aux familles des Calliphoridae (Calliphora vicina, Calliphora vomitoria, Protophormia terraenovae, Phormia regina) et Muscidae (Musca domestica, Muscina stabulans). Dans certains cas, ces insectes pondent avant la mort, pendant l’agonie. Ces espèces sont connues des médecins car elles peuvent également être responsables de myiases pathologiques chez l’homme ou l’animal.

La deuxième escouade apparaît dès que l’odeur cadavérique se fait sentir. Elle est constituée de Diptères de la famille des Calliphoridae (Lucilia caesar, Lucilia sericata, Cynomya mortuorum) et de la famille des Sarcophagidae (Sarcophaga haemorroidalis, Sarcophaga carnaria…). Il faut signaler que les Lucilia sont considérées comme faisant partie à la fois de la 1ère et de la 2nde escouades.

La troisième escouade est attirée sur le cadavre par les acides gras volatils dégagés lors du rancissement des graisses (odeur de beurre rance). Elle comprend des Coléoptères de la famille des Dermestidae (Dermestes lardarius, Dermestes frischi) et des Lépidoptères de la famille des Tineidae (Aglossa pinguinalis).

De 3 à 6 mois :

La quatrième escouade intervient sur le cadavre lors de la fermentation caséique (odeur de vieux fromage). Elle est représentée par des Diptères appartenant aux familles des Syrphidae (Eristalis tenax), des Piophilidae (Piophila casei), et des Muscidae (Fannia canicularis, Fannia scalaris…), ainsi que par des Coléoptères de la famille des Cleridae (Corynetes violaceus, Necrobia rufipes…) reconnaissables à leurs couleurs métalliques.

De 4 à 8 mois :

La cinquième escouade colonise le cadavre au moment de la fermentation ammoniacale et comprend des Coléoptères des familles des Silphidae (Necrophorus humator, Necrodes littoralis, Thanatophilus sinuatus, Necrophorus interruptus, Oeceoptoma thoracica…) et Histeridae (Hister cadaverinus, Saprinus rotondatus…) et d’autres Diptères appartenant aux familles des Muscidae (Ophyra leucostoma), et des Phoridae (Phora aterrima, Triphleba hyalinata…).

De 6 à 12 mois :

La sixième escouade intervient dans la dessiccation du cadavre ; elle est composée uniquement d’acariens (Acarus siro, Tyroglyphus sp.).

De 1 à 3 ans :

La septième escouade apparaît lorsque le cadavre est complètement desséché. Elle est constituée de Coléoptères de la famille des Dermestidae (Attagenus pellio, Anthrenus museorum, Dermestes maculatus…) et de Lépidoptères de la famille des Tineidae (Tineola pellionella) et des Oecophoridae (Hofmannophila pseudospretella). Ces insectes se nourrissent en temps normal de matière animale sèche (fourrures, animaux empaillés, laine, etc.).

Après 3 ans :

La huitième escouade intervient environ trois ans après la mort et comprend des Coléoptères des familles des Tenebrionidae (Tenebrio molitor, Tenebrio obscurus) et Ptinidae (Ptinus brunneus), faisant disparaître tous les débris laissés par les escouades précédentes (insectes morts, pupes vides, excréments).