Strangulation.


بسم الله الرحمن الرحيم

I) introduction :

La strangulation est une forme médico-légale d’asphyxie mécanique très

importante car son origine est habituellement criminelle et son diagnostic parfois délicat si les traces sont discrètes.

La strangulation accidentelle est la strangulation suicide sont assez rares, elles ne

sont réalisables qu’avec un lien.

On peut opposer point par point strangulation et pendaison.

Certes s’il on considère que la strangulation est due à une constriction active,

transversale et lente elle est bien l’inverse de la constriction passive, verticale et

brusque de la pendaison.

Mais cette opposition toute schématique, devra être corrigée du fait que l’existence

possible dans la strangulation, de striction brusque et forte, au moyen d’un lien

quelconque, comprimant voies respiratoires, vaisseaux et fibres nerveuses et rendant ainsi la mort analogue dans son processus à celle de la pendaison.

Cette éventualité est rare, elle peut se rencontrer dans les cas de suicide où l’on se

passe un nœud coulant, l’autre extrémité de la corde étant fixée à un pied de la table ou de lit par exemple et ou l’on tire brusquement de tout son poids.

II) définition :

La strangulation se définit comme suit :

Selon TARDIEU : c’est un acte de violence consistant en une constriction exercée

directement soit autour du cou, soit au devant du cou et ayant pour effet, par une action mécanique, de s’opposer au libre passage de l’air et parfois de la circulation cérébrale.

II) mécanisme de la mort :

A) strangulation à la main :

1. circonstances médico-légales :

1.1Crime : la strangulation à la main est presque toujours criminelle (voleurs surpris, rixe après boisson)

– L’adulte robuste fait toujours face à l’agresseur et peut lutter, d’où la difficulté de la strangulation chez l’adulte et la nécessité pour l’agresseur de s’aider d’autres violences.

– Au contraire chez le vieillard, l’individu ivre ou débile, la strangulation à la main est facile

– Chez le jeune enfant, ou le nouveau-né la difficulté est nulle et s’était jadis un mode d’infanticide très fréquent.

1.2 Accident : il s’agit surtout de l’étranglement au judo, des violences laryngées

peuvent entraîner la mort par inhibition.

1.3 Suicide : la strangulation à la main suicidaire n’existe pas dans la mesure où la syncope provoquée par  la compression entrainerait inéluctablement le relâchement de la prise manuelle ! Il faut souvent 20à30secondes de pression continue pour arriver à la syncope (par ailleurs récupérable).

La mort par inhibition est théoriquement possible dans ces conditions.

2. mécanisme de la mort :

La mort peut survenir soit :

-par asphyxie.

-par mécanisme réflexe

*asphyxie par obturation du conduit aérien : une pression de 12 à 15 kg suffit à aplatir la trachée contre le plan vertébral, l’acte criminel entraîne le plus souvent l’obturation par lésions du larynx et le refoulement de la paroi postérieure du larynx contre la base de la langue.

L’anoxie cérébrale met donc un temps variable à se manifester et est fonction des

conditions de lutte.

*l’inhibition et syncopes: les voies afférentes de ce réflexe sont très nombreuses, elles sont constituées par les nerfs trijumeaux, le glosso-pharyngien, et surtout le

pneumogastrique, c’est par lui que les stimuli au niveau du larynx et des sinus

carotidiens rejoignent le noyau solitaire dans sa partie moyenne et inférieure.

La syncope vaso-vagale se présente comme l’exagération d’un réflexe sympathoparasympathique normale, c’est pourquoi toute stimulation excessive des voies afférentes peut prolonger une syncope chez le sujet normale.

L’ischémie cérébrale est réalisée et due à un mécanisme indirect, soit par syncope

vaso -vagale soit par syncope par hypotonie orthostatique consécutive à la compression prolongée des sinus carotidiens, soit par dysrégulation de la circulation cérébrale par sténose de la carotide en aval du sinus carotidien réalisant une sorte de dénervation fonctionnelle de la région du sinus carotidien.

3. expertise médicolégal :

A/ la levée du corps :

a) Intérêt médicolégal :

– diagnostic de la mort ;

– identification de la victime ;

– L’examen des lieux.

– préciser les phases de l’agression et les  circonstances de lutte.

– La recherche d’indices tâche où trace suspecte : la levée du corps permet et oriente les  prélèvements.

– détermination du délai post mortem ;

– appréciation du caractère ante- ou  post mortem des lésions.

– déterminer la forme médicolégale : Accidentelle ou criminelle.

b)- les étapes :

1* examen des lieux et des choses : à la recherche de preuves matérielles  qui  peuvent marquer  le passage d’un malfaiteur :

* description des lieux

* photographie des lieux

* levé du plan: c’est toutes les mesures indiquant:

– l’emplacement et l’encombrement du mobilier  et la recherche  des modifications apportées à l’état des lieux ;

– la position du cadavre; et des indices (si elles existent) situés selon leur coordonnées par rapport à des points fixes

* l’existence ou non de  traces d’effraction.

2*examen des vêtements:

De point de vue criminalistique ; les vêtements présentent un intérêt important.

Une description méthodique portera sur :

– Leur aspect : rechercher les désordres des déchirures et tous les indices pouvant indiquer une lutte.

– Tache ou trace ou perforation : noter le siège.

– Les indices relatifs à l’identité : des vêtements par leurs marques de fabrique ; leurs particularités et le contenu des poches peuvent aider à identifier un cadavre et parfois expliquer la mort.

3*Examen externe du cadavre:

– photographier et noter la position du corps.

l’examen externe : révèle

*au niveau de la face :

– Face d’aspect congestif

– L’existence de pétéchies sclérales et conjonctivales ainsi qu’au niveau des téguments faciaux ; en régions périorbitaires et jugales.

– cyanose avec ecchymoses et excoriations en rapport avec les tentatives de suffocation pour étouffer les cris (ecchymoses et excoriations siégeants au niveau de la bouche et le nez)

*au niveau du cou : l’existence de stigmates unguéaux (l’application avec force d’angles sous la peau produit une petite section de l’épiderme).

Sur le vivant : une croutelle se forme grâce à un exsudat séreux et à quelques gouttes de sang

Sur le cadavre : il y’a par contre parcheminement, consécutif à une déshydratation rapide prenant un teint jaunâtre.

*L’importance des stigmates unguéaux est fonction de la force mise en œuvre, de la dureté des angles et leur longueur.

Ces érosions ne sont pas toujours faciles à constater immédiatement après la mort, mais 10 à 12 heures après le décès elles sont bien visibles, jaunâtres et parcheminées souvent ecchymotiques.

Parfois ces stigmates unguéaux sont remplacés par des zones d’abrasion ou d’empreintes réalisées  par la pression de doigts et surtout le pouce sur le cou de la victime.

* en générale on constate d’autres signes de violences, de lutte et de défense :

  • Tête : des plais contuses de la tête  au niveau occipitale (coup d’assommoir  réaliser par des chocs répété de la tête sur le sol)
  • Les membres et l’occiput : lésions de chute
  • Bras ; avant- bras et des mains : lésions de défenses (érosion ; ecchymose)

– caractères d’identification: préciser :

* La race le sexe,  corpulence, couleur de cheveux et des yeux.

* Les empreintes digitales

B/ examen necropsique  (autopsie):

a) Intérêt médicolégal:

– la fixation de la date de la mort

– la détermination de la forme médicolégale de la mort

– l’identification de la victime

– faire des prélèvements

b) les temps de l’examen nécropsique :

1/ la prospection (examen) du corps :

* Après le  déshabillage du cadavre, l’examen externe du corps est réalisé.

* Durant cette phase ; on complète la  description des caractéristiques physiques (c à d signe d’identité : le sexe; le groupe ethnique, le groupe d’âge, la taille et la stature ; caractéristiques particulières telles que cicatrices, tatouages, naevus et anomalies diverses ; odontologie)

* l’étude des phénomènes cadavériques (refroidissement ; rigidité ; lividités ; putréfaction)

* la recherche de signe de violence ; on explorant l’ensemble du corps et surtout  les régions médicolégale : (cuire chevelu ; oreille ; angle interne des yeux ; narines ; bouche ; aisselles ; face inferieurs des seins ;  plis du ventre ; organes génitaux (examen gynécologique systématique chez une femme) ; anus).

En cas de viol : des lésions (ecchymose) à  la face interne des cuisses ; abdomen et les seins.

2/l’autopsie : l’autopsie du cou met en évidence des lésions cervicales profondes parfois considérables.

La dissection plan par plan montre :

– des infiltrations hémorragiques du tissu cellulaire sous-cutané, des gaines

musculaires, du corps thyroïdien et des glandes salivaires.

Un manchon ecchymotique péri-carotidien et souvent constaté, une ecchymose retropharyngée existe parfois sous l’aponévrose pré-vertébrale.

-les lésions du larynx sont constantes, elles témoignent de la distorsion anatomique

énorme, les répercussions sur la glotte détermine une congestion hémorragique qui

aggrave l’obstruction lors de la strangulation. Des lésions du larynx comprennent des fractures, des fissures et des luxations.

Les fissures concernent le cartilage thyroïdien.

Les fractures du cartilage cricoïde sont mois fréquentes et mal-visibles.

Les luxations concernent l’articulation crico – thyroidienne.

L’os hyoïde présente des fractures ou des luxations (la luxation se traduit par une

mobilité anormale).

La signification de ces fractures est très grande à condition de constater autours du foyer de fracture  une petite infiltration sanguine qui prouve l’origine vitale.

– des lésions des carotides : manchon ecchymotique péri vasculaire, déchirures

transversales de la tunique interne, moins élastique que la tunique externe.

Notons que des lésions du pharynx peuvent exister sans lésions visibles des téguments du cou, c’est le cas de mort par inhibition consécutive à un choc violent porté par le bord cubital de la main, c’est en faite une fausse strangulation.

L’autopsie met en évidence, d’autre part, les signes habituels des asphyxies

mécaniques :

-taches de Tardieu

-trachée congestive et œdémateuse, bronches et parenchyme pulmonaire.

-une hyperhémie de l’encéphale.

D’autres signes de violences sont quelques fois observés

-fractures de cotes

-éclatement du foie

-rupture de la rate.

En cas de suspicion de viol ou d’attentat pédérastique des prélèvements sont effectués.

—————————————————–

B) strangulation au lien :

1. circonstances médico-légales :

1.1 Crime : la strangulation au lien est d’observation fréquente accompagnant en

particulier des viols ou alors terminant les effets d’une strangulation à la main.

Difficultés rencontrées : c’est le cas du camouflage :

* par tentative de destruction du corps par incendie de l’habitation, de la literie, du cadavre lui-même par utilisation d’accélérants ;

* par évacuation du cadavre (déplacement ; inhumation ; transport dans les bois et dégradation…)

* par pendaison secondaire ajoutant ainsi un sillon post mortem au sillon meurtrier.

1.2 Accident : sont rares, il s’agit le plus souvent de nourrissons attachées à l’aide des ceintures qui glissent jusqu’au cou,

Des ouvriers dont les vêtements sont pris dans les engrenages des machines.

1.3 Suicide : relativement fréquent notamment chez les prisonniers et les malades

Mentaux

C’est le cas de la strangulation suicide par le tourniquet.

1.4 Strangulation supplice : strangulation au garrot ayant servi de méthode d’exécution des condamnés à mort (Espagne sous l’ancien régime) (Portugal).

Au cours de la guerre de libération d’Algérie le condamné était placé face au mur tandis que deux exécuteurs tirés chacun son coté jusqu’à la mort.

2. mécanisme de la mort :

Le mécanisme de la mort dans la strangulation au lien est l’anoxie cérébrale,

Des morts par inhibition sont cependant probables dans ces conditions.

Dans la pendaison, la force constrictive est passive et produite par le poids du corps, tandis que dans la strangulation au lien elle est active est dépend de l’effort musculaire qui ne peut donc jamais chez l’adulte atteindre l’intensité de la force mise en jeu dans la pendaison.

3. Expertise médicolégal :

a) examen externe :

– examen du cou :

*le lien (dont l’étude de sa nature, de sa consistance, de son mode d’enroulement ; des nœuds qu’il présente  apporte des renseignements utiles) ; ce lien laisse sur le cou une empreinte (sillon) variable avec les qualités physiques du lien:

*sillon habituellement horizontal ; circulaire ; est moins profond ; moins marqués plus pale et plus rarement parcheminé que celui des  pendus

-les lésions de lutte : de même que la strangulation manuelle.

Mais si l’agresseur agit par surprise en jetant par derrière un lien autour du cou de la victime ; les lésions de lutte font défaut (elles seront absentes).

b) Autopsie : l’autopsie du cou découvre des lésions moins nombreuses et moins

caractéristiques que dans la strangulation à la main, il existe sur le même plan que le sillon des ecchymoses et hématomes des muscles antérolatéraux du cou ; un manchon ecchymotique adventitiel d’un ou des carotides est possible.

Une vasodilatation avec décollement partielle de l’intima de la carotide (lésions de

FRISBERG) serait plus possible que dans la pendaison.

L’ecchymose rétro-pharyngée est plus rare

Des lésions de l’appareil laryngé sont moins fréquentes que dans la strangulation à la main.

Enfin l’autopsie met en évidence les même signes asphyxiques à ceux de la

strangulation à la main, les mêmes lésions de violences peuvent exister.

Un crime par strangulation peut être maquillé en accident de la voie publique, une

autopsie incomplète risque de le méconnaître.

La dissection systématique plan par plan de la région du cou permettra de découvrir le crime.

Les lésions externes (sillon) et les lésions profondes doivent être situées  sur le même plan.

4. Eléments de diagnostic différentiel :

* le diagnostic différentiel avec les faux sillons :

  • Naturels : simples  replis de la peau ; mous ; blanchâtres ; avec épiderme intact.
  • Artificiels : plis s’adaptant a la cravate, au col, à un cordon ; l’épiderme est intact.
  • Pathologiques : intertrigo chez les enfants et les femmes grasses.
  • Putréfactifs : boursouflure au-dessous et au-dessus d’un col ; d’une cravate ; d’un lien.

* le diagnostic différentiel avec la pendaison :

strangulation au lien pendaison
– sillon généralement horizontal, placé le plus souvent au dessous du larynx,

complètement circulaire, souvent multiple, uniformément marqué.

– signes marqués d’asphyxie

– lésions traumatiques du cou plus importantes

– traces de lutte et de violence

– désordres et déchirures des vêtements

– sillon en général oblique, le plus souvent unique, profond, parcheminé,

plus marqué au niveau du plein de l’anse, situé à la partie supérieure du cou

– syndrome asphyxique souvent discret.

– lésions agoniques (érosions aux mains)

– lividités localisées au membre inférieur.

Dr. ADOU Abdelhamid

Publicités

Laisser un commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s